Ni inhumation, ni crémation. L’humusation propose une troisième voie, encore méconnue, mais qui suscite un intérêt croissant. Vendredi 20 février, le tiers-lieu Le Treuil à Chamboeuf accueille une conférence consacrée à cette pratique funéraire écologique, en présence de Florence Valdés, présidente et cofondatrice de l’association Humusation France .
Une alternative funéraire fondée sur le cycle du vivant
Comme son nom l’indique, l’humusation repose sur la transformation du corps humain en humus. « Le corps est une matière organique vouée à se décomposer et à retourner au sol pour nourrir la vie », explique Florence Valdés. Contrairement à l’inhumation, qui ralentit ce processus, l’humusation cherche au contraire à l’accompagner.
Concrètement, le corps du défunt est déposé sur un lit de broyat végétal, puis recouvert d’un amas de matière organique. Ce milieu favorise une décomposition aérobie naturelle, sans pollution des sols ni émission de gaz liés à la crémation. Un protocole précis, mis au point par Francis Busigny, encadre cette transformation afin de garantir sécurité, dignité et absence de nuisances.
"L’humusation permet à la vie de se perpétuer"
Pour la présidente de Humusation France, l’enjeu dépasse largement la seule question environnementale. « L’humusation permet à la vie de se perpétuer. Elle nous replace dans un cycle dont nous nous sommes extraits », affirme-t-elle. Un changement de regard sur la mort, mais aussi sur la vie : accepter sa finitude pour mieux profiter du présent.
Cette vision séduit un public de plus en plus large, notamment parmi les personnes sensibles à l’écologie et aux nouveaux rites funéraires. Aux États-Unis, la pratique est déjà autorisée dans plusieurs États. En Europe, les initiatives citoyennes se multiplient.
Une pratique encore interdite en France
En France, l’humusation reste toutefois illégale. Depuis une dizaine d’années, plusieurs parlementaires ont tenté de faire évoluer le cadre législatif, sans succès jusqu’à présent. Une proposition de loi déposée en décembre 2025 pourrait toutefois changer la donne, en ouvrant la voie à des territoires pilotes et à la reconnaissance de modes de sépulture alternatifs.
« Nous sommes prêts. Les protocoles existent, les professionnels peuvent être formés. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la loi », regrette Florence Valdés. Elle appelle à une mobilisation transpartisane, estimant que le sujet concerne l’ensemble de la société.
Une conférence pour ouvrir le débat
À Chambœuf, la conférence organisée au Treuil ce vendredi 20 février à 20h30 se veut avant tout pédagogique et ouverte à tous. L’objectif : lever les tabous, informer, et inviter à réfléchir à une autre manière d’envisager la mort, non plus comme une fin, mais comme une continuité.
AC








