Le conflit social s’intensifie chez Dumarey à Andrézieux-Bouthéon. Depuis lundi, les salariés ont entamé un mouvement de grève pour protester contre les conditions du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), dans un contexte de fermeture annoncée du site d’ici fin 2026.
Selon Alexandre Balian, élu syndical CFE-CGC au sein de l’entreprise, la mobilisation fait suite à l’annonce brutale de la cessation d’activité et à des propositions jugées inadaptées : « Les conditions proposées sont identiques à celles du site de Strasbourg, alors que notre situation est différente. Nous avions notamment une garantie de l’emploi jusqu’à fin 2027. »
Le PSE concernerait à terme environ 260 salariés en CDI. Une première vague de 245 suppressions de postes pourrait intervenir dès le 1er septembre, avant une fermeture totale du site au 31 décembre.
Les syndicats dénoncent également un montage financier opaque, incluant la mise en place d’une fiducie conditionnée à l’abandon de certaines garanties sociales. « On nous demande de renoncer à nos droits pour financer le PSE, ce qui est inacceptable », poursuit Alexandre Balian.
De son côté, Jean-Pierre Rodriguez, délégué syndical CGT, pointe un manque de transparence sur le financement annoncé : « Une enveloppe de 26,3 millions d’euros est avancée, mais sans explication claire. Selon la valeur réelle du foncier, les moyens pourraient être bien supérieurs. »
L’intersyndicale – réunissant CFE-CGC, CFDT et CGT – réclame notamment une amélioration des indemnités supra-légales et un allongement du congé de reclassement, qui pourrait passer de 10-12 mois actuellement proposés à 24 mois.
Au-delà du PSE, les représentants du personnel dénoncent un échec industriel depuis la reprise du site par le groupe Dumarey en 2023. « Aucun investissement, aucun développement n’a été réalisé », affirment-ils, tout en pointant également la responsabilité du groupe ZF, ancien propriétaire, accusé de ne pas avoir respecté ses engagements.
La grève doit se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, avant une reprise prévue le 18 août après une période de fermeture du site. Les salariés entendent maintenir la pression pour obtenir de meilleures conditions de départ et dénoncer ce qu’ils qualifient de « désastre social » pour le territoire et les 260 familles concernées.
AC








