Devant l'établissement, le constat est sans appel : dans certaines classes, jusqu'à six élèves à profils spécifiques se retrouvent sans l'accompagnement nécessaire. Pour Fabien Marcillet, enseignant de technologie à Jean Rostand, la déception est immense face aux promesses non tenues. « On entend des discours sur la progression de tous, mais face à des classes nombreuses et des profils complexes, on a l'impression de réparer les choses sans que ce soit abouti », regrette-t-il, ajoutant qu'il a le sentiment amer de « laisser de côté » les élèves qui auraient le plus besoin d'aide.
« Des rustines au lieu de moyens réels »
Le manque de moyens est particulièrement criant dans les matières expérimentales. Sophie Roux, professeure de SVT, déplore ainsi l'absence récurrente d'accompagnants en laboratoire : « On gère des profils très hétérogènes et des troubles lourds, sans accompagnement ni formation spécifique. Le service public passe au second plan, alors que l’éducation devrait être une priorité absolue. »
Pour les manifestants, qui ont ensuite rejoint le cortège à Saint-Étienne, il est temps de sortir de la politique de l'urgence. Léo Manas, enseignant remplaçant en histoire, résume l'exigence du collectif avec fermeté : « Ce n'est pas avec des rustines qu'on fera avancer les élèves. Il faut parfois accepter de dépenser pour changer la roue. C’est tout ce qu’on demande pour offrir un accompagnement de qualité. »
J. MATHIEU








