Le projet d’implantation d’une centrale à bitume à Boën-sur-Lignon, dans la Loire, alimente la contestation depuis plus de huit ans. La vente du terrain à l’industriel par Loire Forez Agglomération, officialisée cet été, et le début imminent des travaux relancent la mobilisation des habitants.
Selon Mireille Chambon, co-secrétaire de l’association CESSE et membre du collectif Bol d’Oxygène, tout a commencé en 2014, lorsque l’ancien maire Pierre-Jean Rochette a demandé une baisse du prix du terrain et une modification du règlement de la zone, jusqu’alors réservée à des activités artisanales. "La population n’a pas été informée de ce projet à l’époque", rappelle-t-elle. L’association CESSE a été créée en 2018 pour s’opposer au projet, notamment en raison des risques liés à la centrale de recyclage des matériaux inertes, peu connue mais particulièrement polluante.
Marie-Thérèse Tournebize, médecin et coprésidente de CESSE, met en avant les risques sanitaires : "Il y a des évaporations de gaz et un risque de pollution des eaux dans une zone humide. Le voisinage, le collège, le lycée et l’EHPAD sont concernés." Selon elle, les bruits et la pollution liés au concassage des déchets routiers représentent un danger réel pour la santé publique et la qualité de vie des riverains.
Martine Niver, habitante du secteur, insiste sur l’absence de concertation : "Nous avons acheté ici pour la qualité de vie et l’air pur. On n’a jamais été informés du projet. C’est un déni démocratique flagrant : les avis négatifs des institutions et des enquêtes publiques ont été ignorés."
L’association CESSE poursuit deux actions juridiques : une contestation du compromis de vente et une autre contre la modification du PLU qui permet la création d’un accès routier nécessaire au projet.
Pour sensibiliser le public et les autorités, les opposants organisent une grande manifestation samedi 10 janvier à 10h devant la mairie de Boën. Ils espèrent ainsi que leur opposition, qui compte plus de 2 600 signatures contre le projet, soit enfin entendue.
"Nous voulons alerter sur les risques environnementaux et sanitaires, et montrer qu’il y a une opposition réelle et massive", conclut Mireille Chambon.
AC








