Le Département de la Loire hausse le ton face à l’accord du Mercosur. À l’unanimité, les élus départementaux ont décidé de soutenir un recours en annulation devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), visant à contester la décision du Conseil de l’Union Européenne autorisant la signature et la conclusion de cet accord commercial.
Pour la collectivité, les enjeux sont majeurs. La Loire compte 4 056 exploitations agricoles représentant près de 6 843 emplois directs et indirects. Autant de filières qui pourraient être fragilisées par l’importation massive de produits sud-américains, notamment 99 000 tonnes de viande bovine, 180 000 tonnes de volaille ou encore 190 000 tonnes de sucre. Une concurrence jugée déloyale par le Département, les produits importés ne respectant pas les normes sanitaires, sociales et environnementales imposées aux agriculteurs français et européens.
Un soutien aux agriculteurs ligériens
Les élus alertent également sur les risques sanitaires pour les consommateurs, rappelant la détection en 2024 de résidus d’hormones interdites dans de la viande importée du Brésil. À cela s’ajoute une crainte économique : une baisse estimée de 10 à 15 % des prix de la viande bovine, susceptible de menacer la survie de milliers d’éleveurs et d’accélérer la désertification rurale.
Dans un contexte géopolitique instable, le Département souligne aussi l’enjeu stratégique de la souveraineté alimentaire, dénonçant une dépendance accrue à des approvisionnements lointains et vulnérables. Les mécanismes de protection prévus par l’accord, comme la clause de sauvegarde, sont jugés insuffisants et difficiles à activer.
Déjà opposée à l’accord par des motions adoptées en novembre 2024 et juin 2025, la Loire franchit ainsi une nouvelle étape en soutenant un recours juridiquement argumenté devant la CJUE. Une position claire, affirmée comme un engagement fort aux côtés des agriculteurs ligériens.
B. Maestracci







