À Valleile, Michel-François Laurent, président du Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) de la Loire, prépare ses pièges avec une précision chirurgicale. Pour lui, le combat se joue maintenant, au moment du redoux. « Il y a deux recettes », explique-t-il, « un tiers de sirop, un tiers de bière brune si possible et un tiers de vin blanc. Il y a une autre recette qui consiste à prendre un cube de levure de boulanger, 500 grammes de sucre et un litre d'eau, c'est très efficace également. »
Le vin blanc : l’arme fatale du piégeage
Dans ce protocole, le vin blanc est la clé. Il agit comme un répulsif naturel pour les abeilles tandis que le sucre attire irrésistiblement le frelon. Cette astuce permet de piéger intelligemment sans nuire aux autres pollinisateurs. L'expert rappelle d'ailleurs que le régime de l'insecte est souvent mal compris : « Il faut enlever l'idée dans la tête des gens que le frelon ne mange que des abeilles. Non, pour se nourrir, il prend du sucre et les abeilles, il les récupère pour son nid, pour les larves, pour le couvain. »
Une victoire décisive contre l'invasion
Le bilan de l'année passée à Saint-Étienne montre l'ampleur du défi. « L'an dernier, ça a été une cata, je crois qu'il y a eu 7 à 8 000 reines qui ont été piégées au printemps », confie Michel-François Laurent. Pour lui, chaque geste compte car l'impact est immédiat sur la saison à venir : « À cette période de l'année, chaque capture est une victoire décisive pour l'été. Une reine piégée, c'est en gros un nid de moins. »
Pour protéger votre jardin, ouvrez l'œil : le frelon se reconnaît à ses pattes jaunes et son unique anneau orangé sur l’abdomen.
J.M








