« Liberté pour les ultras, liberté pour les ultras ! » Ce cri, lancé il y a un an dans les rues de Saint-Étienne, résonnait comme un ultime sursaut. Le 29 mars 2025, des milliers de supporters s’étaient rassemblés pour protester contre la menace de dissolution des Magic Fans et des Greens Angels, brandie par le ministère de l’Intérieur. Un an plus tard, les deux groupes sont toujours debout, mais l’épée de Damoclès n’a pas disparu.
ASSE : un intermédiaire encore plus présent
La dissolution n’a finalement pas eu lieu, mais le club reste chargé de jouer le rôle d’intermédiaire entre les autorités et les groupes : « La dissolution n’était pas une solution, car elle rendrait la gestion des supporters plus compliquée. Aujourd’hui, nous avons des contacts au quotidien avec eux », explique Cédric Chambaz, directeur général adjoint de l’ASSE, dans Le Progrès du 30 mars 2026. Preuve de cette implication : la signature d’un Contrat local de sécurité avec la préfecture le 16 août 2026. « Cela fait plusieurs années qu'on travaille tous les jours sur le sujet, mais le club a intensifié l’identification des fauteurs de trouble pour éviter des sanctions collectives », selon un autre représentant de la communication de l’ASSE.
Un surcis fragile
Pourtant, le calme n’est pas revenu. Entre les Magic Fans et les Greens Angels, les tensions ont éclaté à Troyes. Plus récemment, des incidents ont opposé des supporters stéphanois à ceux de Grenoble. Sans compter les six fermetures de tribunes cette saison, causées par l’utilisation de fumigènes. « En raison d’un certain nombre de violences, notamment à Lyon, entre groupuscules identitaires, la volonté du gouvernement est de lancer une nouvelle série de dissolutions », alerte Pierrick Courbon, député PS de la Loire. « Il n’y a rien de comparable entre des mouvances d’extrême droite néo-nazies et des clubs de supporters à Saint-Étienne », insiste-t-il. Conscient des violences cette saison, il plaide pour plus de sanctions individuelles.
Un autre projet de loi dans le futur ?
Le ministère de l’Intérieur n’a pas encore répondu à nos questions. Mais le gouvernement prépare un nouveau texte : le projet de loi « Riposte ». S’il est adopté, il durcira les interdictions administratives de stade, obligeant les personnes ciblées à pointer au commissariat 24 heures avant, pendant et 24 heures après chaque match. « C’est assez flou, mais cela pourrait donner plus de pouvoir au préfet », craint le député Pierrick Courbon.
T.RIVIERE







