À l'aéroport Saint-Étienne Loire, les regards se tournent vers le ciel. Sourire parfois timide au moment de monter à bord, les enfants s'apprêtent à vivre une expérience hors du commun : leur premier baptême de l'air.
Depuis 21 ans, le Kiwanis Club de Saint-Étienne organise cette journée dédiée aux enfants malades, en situation de handicap, atteints de troubles autistiques ou simplement touchés par les difficultés de la vie. Plus de 60 jeunes bénéficient chaque année de cette parenthèse aérienne.
« Nous avons décidé de leur donner l'occasion de voir le monde d'en haut, de prendre du recul et de voler », explique Jean-Marc Labrosse, membre de l'association et futur président du Kiwanis Club de Saint-Étienne. « Cela leur apporte un grand sourire, après parfois un petit stress avant le décollage. »
Une récompense pour une année d'engagement
Pour les bénévoles du Kiwanis, cette journée représente l'aboutissement de plusieurs mois de travail. Tout au long de l'année, l'association multiplie les actions pour collecter des fonds : salon des vins et de la gastronomie à Andrézieux-Bouthéon, manifestations sportives ou encore événements caritatifs.
« C'est la récompense de tout notre travail. Nous assurons l'organisation complète de cette journée et surtout, nous avons le retour des sourires et des émotions des enfants. C'est ce qui nous donne envie de continuer », poursuit Jean-Marc Labrosse.
Particularité du club stéphanois : l'intégralité des fonds récoltés est reversée aux actions en faveur de l'enfance. « Un euro collecté, c'est un euro redistribué aux enfants », insiste-t-il.
Des étoiles plein les yeux
Pour les jeunes participants, l'expérience est souvent inoubliable.
« Au début, j'ai eu un petit peu peur, mais après c'était trop bien », raconte Naïm, tout juste descendu de l'avion. « J'ai vu la forêt, la rivière, les routes... Mon estomac est un peu remonté mais c'était bien quand même ! »
Même enthousiasme chez Noham : « Au début, j'avais peur parce qu'on était trop haut. Après, c'était bien. On a vu un lac et des petites maisons. »
D'autres évoquent simplement « les maisons vues d'en haut », « le ciel » ou encore la sensation unique du décollage.
Un moment d'inclusion et de bonheur
Les enfants sont accompagnés par différentes structures spécialisées du territoire. Parmi elles, l'IME Chantalouette de Saint-Étienne.
« L'année dernière déjà, nous étions présents. Quand ils descendent de l'avion, ils ont des pépites dans les yeux », témoigne sa directrice, Christelle Mihatsek. « Les parents sont heureux eux aussi. Cela leur donne le sentiment d'être comme tout le monde. »
Même constat pour l'association Ange des Eaux Vives, partenaire de l'opération depuis plusieurs années.
« Au-delà de l'aide matérielle que nous pouvons apporter, ces moments sont précieux », souligne son vice-président Claude Rabeyrin. « Ils sont un peu stressés avant de monter, mais lorsqu'ils redescendent, ils ont la banane. Les voir dans ce contexte-là, c'est magnifique. »
Voir le monde autrement
Au fil des vols, les anecdotes s'accumulent. Un enfant raconte avoir aperçu de « petits canards » sur un barrage, un autre avoir vu son père « tout rikiki » depuis le ciel.
Pour Jean-Marc Labrosse, c'est précisément l'objectif de cette journée : permettre à ces enfants de changer de perspective.
« Le baptême de l'air leur donne l'occasion de rêver. Ils découvrent qu'on peut voir plus loin, sortir de son cadre habituel. Pendant quelques minutes, les difficultés restent au sol. »
Une journée de bonheur suspendue entre ciel et terre, qui rappelle que parfois, quelques centaines de mètres d'altitude suffisent à faire naître de grands souvenirs.
AC









