Soixante mille euros de plus par semaine : c'est le surcoût qu'encaisse désormais une entreprise ligérienne de transport routier depuis la hausse du gasoil enregistrée mi-février. C’est le cas pour Jean-Philippe Vial, représentant et membre de la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR) dans la Loire. Il chiffre précisément l'impact sur son entreprise, qui exploite une centaine de véhicules : « mon entreprise consomme 60 000 litres par semaine de gasoil. Donc depuis mi-février, on a eu un litre d'augmentation, ce qui fait une augmentation de 60 000 euros par semaine, [...] multiplié par 4, 240 000 euros par mois. »
Entre 5 et 10 % » répercutés sur le client final
Pour absorber ce choc, les transporteurs n'ont qu'une solution : répercuter la hausse sur leurs clients, au risque, sinon, de se retrouver « évidemment en péril », selon Jean-Philippe Vial. Une répercussion qui, assure-t-il, reste marginale pour le consommateur final : « le prix final d'un bien n'est que très peu impacté par le prix du transport routier. Entre 5 et 10 % selon les produits, jamais plus. »
Des aides promises, mais toujours pas versées
Côté aides publiques, la colère monte. Les soutiens promis au printemps tardent à être versés : « Les aides d'avril viennent juste d'être versées pour l'instant [...]. Les aides de mai n'ont pas été touchées. » Pire, le dispositif s'arrête net à partir de septembre pour les transporteurs, contrairement à d'autres filières : « on a été exclu des aides à partir du mois de septembre, en nous disant que c'était à nous de débrouiller avec nos clients, ce qui est complètement inacceptable. »
Pas de blocage routier en vue
Malgré cette pression, aucun blocage routier n'est à l'ordre du jour dans la Loire. « Notre situation financière, économique et de trésorerie nous empêche de manifester. Donc, on est bloqués, nous aussi, dans cette situation. […] Il y a longtemps qu'il n'y a pas eu de blocage de transporteurs routiers, ce serait vraiment étonnant qu'il y en ai », conclut Jean-Philippe Vial, qui espère surtout obtenir une aide équivalente à celle accordée par d'autres pays européens comme l’Espagne.
Thibault Rivière - journaliste









