L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été incarcéré ce mercredi au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse (Ain), après sa condamnation dans l’affaire dite du chantage à la sextape. Selon des sources concordantes, il a été pris en charge par l’administration pénitentiaire à 10h30.
À son arrivée, l’ex-élu a été placé à l’isolement, à la demande de la justice. Une mesure exceptionnelle visant à bloquer ses déplacements au sein de l’établissement, notamment lors des parloirs, afin d’éviter tout incident, a précisé une source syndicale pénitentiaire à l’AFP.
Sur sa page Facebook, Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne et président de la Métropole entre 2014 et 2025, indique « entrer en prison conformément à la décision de justice », tout en affirmant respecter les institutions. Âgé de 53 ans, l’ancien élu continue cependant de clamer son innocence.
Le 1er décembre dernier, le tribunal correctionnel de Lyon l’a condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, assortis de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Il a été reconnu coupable, avec trois proches collaborateurs, d’avoir organisé un piège à caractère sexuel visant son premier adjoint de l’époque, Gilles Artigues.
Les faits remontent à 2015 : une vidéo intime avait été tournée à l’insu de ce dernier dans une chambre d’hôtel, en compagnie d’un prostitué, puis utilisée pour le faire taire politiquement. L’enquête a également mis en lumière le financement du dispositif avec de l’argent public.
Son avocat, Me Jean-Félix Luciani, a annoncé vouloir déposer dès ce mercredi une demande de remise en liberté, estimant que son client « remplit tous les critères » pour en bénéficier. Un appel a également été interjeté par Gaël Perdriau, qui évoque sur les réseaux sociaux une « terrible injustice » et dit espérer que « la justice saura entendre [sa] voix ».
Dans ce dossier, Samy Kefi-Jérôme, ancien adjoint à l’Éducation, et Gilles Rossary Langlet, ex-compagnon de ce dernier, condamnés chacun à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel. En revanche, Pierre Gauttieri, ancien directeur de cabinet du maire, condamné à deux ans de prison ferme, n’a pas contesté sa peine.
Cette incarcération marque une étape judiciaire majeure dans une affaire qui a profondément secoué la vie politique stéphanoise et nationale.
AC









