La mobilisation ne faiblit pas autour du collège Honoré d’Urfé à Saint-Étienne. Ce jeudi matin, enseignants du collège et personnels des écoles du secteur se sont réunis devant le collège du Puits-de-la-Loire, où se rendait la rectrice de l’académie de Lyon pour un conseil pédagogique.
Depuis plusieurs semaines, les équipes éducatives dénoncent des conditions d’enseignement de plus en plus difficiles et réclament davantage de moyens humains ainsi qu’un classement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).
« Les équipes n’en peuvent plus, sont épuisées », explique Florent Truchet, professeur des écoles à l’école Centre 2. « On se bat tous les jours avec peu de moyens pour assurer l’égalité des chances. Mais quand on n’a pas l’égalité des moyens, on ne peut pas avoir l’égalité des chances. »
Début mai, plusieurs enseignants s’étaient déplacés au rectorat de Lyon pour porter leurs revendications. Selon eux, seules des annonces orales avaient alors été formulées.
Ce mercredi matin, la rectrice a indiqué qu’un courrier avait été adressé au principal du collège. « Il n’y aura pas d’augmentation du nombre d’élèves à la rentrée », a-t-elle assuré aux manifestants, annonçant également une visite au collège « mi-juin », au moment des révisions du brevet.
Mais sur place, les réactions ont rapidement été vives. « On attend des solutions, pas juste une visite », a lancé une enseignante. Une autre ajoute : « C’est bien dommage qu’on soit obligés à chaque fois de se déplacer et d’être en grève pour avoir des réponses. »
Les personnels regrettent aussi que la venue annoncée de la rectrice intervienne pendant les révisions du DNB. « Ce ne seront pas nos conditions normales de travail », souligne une enseignante. « Nous, c’est ça qu’on voudrait qu’elle voie. »
Durant les échanges, la rectrice a rappelé que la situation concernait « 21 collèges au niveau national et quatre dans l’académie, dont trois dans la Loire », évoquant des établissements bénéficiant de moyens « équivalents aux moyens d’éducation prioritaire ».
Des propos qui ont particulièrement irrité les enseignants mobilisés.
« Elle dit des mensonges », réagit Florent Truchet. « Les écoles en situation aberrante n’ont pas du tout les mêmes moyens que les établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. »
Les enseignants rappellent qu’un classement REP+ permettrait notamment des effectifs allégés, des dédoublements de classes, davantage de temps de concertation, des formations spécifiques et des décharges horaires pour les équipes.
« On n’a pas de dédoublement des classes, pas de pondération du temps de travail, pas les mêmes formations », détaille un enseignant présent lors de la manifestation. « Dire qu’on a les mêmes moyens, ce n’est pas vrai. »
Les personnels dénoncent également des réponses jugées insuffisantes face à l’ampleur des difficultés rencontrées dans plusieurs établissements du sud de la Loire.
« Ils ont l’impression de nous faire une fleur en disant qu’ils maintiennent les effectifs », poursuit Florent Truchet. « Mais nous, on demande moins d’élèves par classe parce qu’on est déjà en souffrance. »
Malgré plusieurs journées de grève déjà organisées, les enseignants assurent vouloir poursuivre leur mobilisation tant qu’aucune mesure concrète ne sera annoncée.
AC










