Une vitrine de la forêt multifonctionnelle
Produire du bois de qualité, préserver la biodiversité et accueillir le public : c’est tout l’enjeu du Sylvotrophée. Organisé à l’échelle des parcs naturels régionaux, cet événement vise à démontrer qu’une gestion forestière équilibrée est non seulement possible, mais souhaitable.
« L’idée, c’est de montrer qu’on peut tout faire en même temps en forêt », explique Adam Gibaud, chargé de mission forêt au Parc du Pilat. Une approche dite multifonctionnelle, qui prend en compte à la fois les enjeux économiques, écologiques et sociaux.
Dans un contexte de changement climatique et de pression sur les ressources naturelles, cette vision s’impose comme un modèle d’avenir.
Trois parcelles en compétition dans le Pilat
Pour cette édition 2026, trois candidatures étaient en lice : deux forêts publiques et une forêt privée. Le thème retenu cette année : les peuplements issus de plantation, qu’ils soient feuillus, résineux ou mixtes. Ces forêts, âgées d’au moins 30 ans, témoignent d’une histoire forestière riche, entre reboisements, crises sanitaires ou tempêtes.
Un jury aux regards croisés
La particularité du Sylvotrophée repose sur la diversité de son jury, composé de quatre collèges :
- des usagers de la forêt (loisirs, paysage),
- des écologues (biodiversité, sols),
- des forestiers (qualité du bois, gestion),
- des élus (vision globale et territoriale).
« Le fait de réunir des profils très différents permet d’avoir une vision complète et complémentaire de la forêt », souligne Étienne Coste, technicien forestier et membre du jury.
Chaque parcelle est ainsi évaluée selon plusieurs critères : diversité des essences, qualité sanitaire, cohérence des travaux réalisés ou encore capacité à accueillir du public.
Un outil pour faire évoluer les pratiques
Au-delà de la compétition, le Sylvotrophée se veut avant tout pédagogique. Pour les professionnels comme pour le grand public, il s’agit de partager des expériences, d’observer les bonnes pratiques et de s’en inspirer.
« Le gros enjeu, c’est de communiquer pour inciter à de meilleures pratiques sylvicoles », insiste Hervé Coquillard, du conseil scientifique du Parc du Pilat.
Les échanges entre jurés et propriétaires permettent également d’identifier des pistes d’amélioration, dans une logique constructive.
Un rendez-vous ancré dans le territoire
Ouvert aux forêts publiques comme privées, le concours valorise les acteurs locaux engagés dans une gestion durable. Les inscriptions, clôturées en février, ont précédé les visites de terrain fin mars. La remise des prix est attendue en juin 2026.
Au-delà du trophée, chaque participant repart avec une reconnaissance de son engagement… et un panier garni.
Mais surtout, avec la conviction que la forêt de demain se construit dès aujourd’hui, entre transmission, réflexion et innovation.
AC








