« On commence à faire des petits cercles derrière, ensuite les côtés on peut frotter, mais doucement. » À la résidence mutualiste L’Embellie de Saint-Étienne, Sumeyye, élève en première bac pro ASSP, guide patiemment les résidents dans l’art délicat du brossage de dents. Un geste qui, pour ces personnes en situation de handicap avec une déficience intellectuelle, relève parfois du défi quotidien.
« On a beaucoup de mal à leur faire faire les gestes correctement. Le manque d’initiative est flagrant : il faut toujours leur rappeler d’aller dans la salle de bain, de mettre le dentifrice… Ils font tout, mais très très rapidement », explique Barbara Militello, cadre de santé à L’Embellie. Face à ce constat, les élèves du lycée St-Ennemond de Saint-Chamond ont imaginé trois ateliers, mêlant démonstrations, questionnaires et personnalisation du matériel bucco-dentaire.
« Vous pensez que c’est plus important de laver les dents le soir ou le matin ? » demande une élève à Jérôme, résident. « Le soir, avant de coucher », répond-il, prouvant que certaines bonnes pratiques sont déjà ancrées. Ces animations s’inscrivent dans le cursus des lycéennes, qui ont identifié l’hygiène bucco-dentaire comme le thème le plus récurrent lors de leurs enquêtes préalables. « On est venu dans la structure, on leur a posé des questions, et on a vu que ce sujet revenait souvent », précise Garance, une autre élève.
Un exercice pédagogique
Pour Céline Breysse, professeure de biotechnologies, ces ateliers sont une leçon d’adaptation : « Elles ont l’habitude de travailler avec des enfants. Là, avec un public en situation de handicap, si elles arrivent à leur faire tenir une brosse à dents et effectuer un geste correct, c’est déjà une victoire. » Une expérience formatrice, avant que la deuxième partie de la classe ne reproduise l’exercice au foyer EPI de Saint-Étienne, cette fois sur les risques du numérique.
T.RIVIERE








