Une démarche engagée au service de la biodiversité
Depuis plusieurs années, la Ville de Saint-Chamond développe une démarche innovante autour du Végétal local. Le principe : collecter des semences dans les campagnes environnantes, les cultiver en serre, puis les réintroduire dans les espaces verts urbains. Une approche qui tranche avec les pratiques horticoles classiques et qui interroge en profondeur les savoir-faire des jardiniers municipaux.
Longtemps considérées comme des plantes à arracher, ces espèces locales sont aujourd’hui au cœur d’une stratégie visant à favoriser la biodiversité, dans un contexte de déclin massif des insectes pollinisateurs. « En réintroduisant du végétal local, on offre des habitats et des ressources alimentaires que certaines plantes horticoles ne permettent pas », explique Yoan CICHY, responsable du service Espaces Verts de Saint-Chamond.
Une réponse aux enjeux climatiques
Au-delà de la biodiversité, le végétal local constitue également une piste face au changement climatique. Mieux adaptées aux sols et aux conditions climatiques du territoire, ces plantes présentent un potentiel de résilience face aux variations de température et aux épisodes climatiques extrêmes.
L’objectif n’est toutefois pas esthétique au sens classique du terme. « Ce ne sont pas des plantes faites pour être tape-à-l’œil. L’idée est plutôt de créer des continuités écologiques, comme des “pas japonais”, permettant aux insectes de circuler et de trouver refuge à travers la ville », précisent le responsable.
Des référents et une montée en compétences
Afin de structurer la démarche, des référents “Végétal local” ont été identifiés au sein de chaque équipe Espaces Verts. Leur mission : suivre, développer et améliorer l’intégration de cette flore spécifique dans les aménagements urbains.
Pour enrichir les pratiques, la Ville a organisé ce jour une journée technique d’échanges, réunissant plusieurs collectivités déjà engagées dans des démarches similaires. Étaient notamment présentes : Annonay, Vichy, Chambéry, Saint-Galmier, Vénissieux, Roanne, ainsi que l’Agrocampus de Montravel.
Une journée d’échanges et de retours d’expérience
La matinée a débuté par l’accueil des participants, suivi d’une visite des serres municipales et de la zone dédiée au Végétal local, cela a permis des échanges nourris autour des expérimentations menées : techniques de paillage, gestion des adventices, intégration du végétal local avec des vivaces ou des arbustes, et suivi des résultats dans le temps.
« On a beaucoup expérimenté, mais on avait besoin de confronter nos pratiques à celles d’autres collectivités », souligne Audrey Reymondon, horticultrice et chargée de biodiversité à la Ville. « L’idée n’est pas d’avoir un modèle figé, mais de continuer à apprendre et à ajuster nos pratiques. »
Le végétal local n’est donc pas une simple tendance, mais bien une nouvelle manière de penser la ville, plus sobre, plus résiliente et plus respectueuse de la biodiversité qui nous entoure.
A.Crouzet









