Le ton a été donné dès le rassemblement à la Bourse du Travail. Avec six syndicats mobilisés, dont la FSU et la CGT, le front syndical est apparu total. Dans le département, 40 % des enseignants du primaire ont suivi le mouvement, entraînant de nombreuses fermetures, comme à l’école Châtelard de Saint-Chamond. Pour Julien, parent d'élève et enseignant, cette mobilisation est le seul moyen de briser un « mur administratif » qui ignore la réalité du terrain.
Le quotidien « insupportable » des AESH
Au cœur des revendications, le statut des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) cristallise les tensions. Dominique Arod, qui doit s'occuper de sept enfants quotidiennement, ne cache plus son désarroi : « Je le vis assez difficilement parce qu’on n’a pas les moyens, on ne peut pas accueillir les enfants dignement, correctement et parfois pour nous c’est de la maltraitance », confie-t-elle. Ce manque de personnel laisserait aujourd'hui près de 900 élèves sans aide humaine dans la seule zone de la Loire.
L'urgence de moyens financiers
Pour les représentants syndicaux, le système actuel atteint ses limites. Léa Pierret, co-secrétaire de la FSU Loire, rappelle que si les enseignants soutiennent le principe de l'inclusion, ils refusent qu'elle se fasse au détriment de la qualité d'accueil : « On est 100 % pour, les élèves ont leur place à l’école. Par contre, quand on n’y met pas de moyens, ça en devient maltraitant pour les élèves en situation de handicap, mais aussi envers tous les élèves et les enseignants qui se battent chaque jour. » Reçue en préfecture, la délégation a exigé des investissements immédiats pour sortir les écoles de l'impasse.
J.MATHIEU








