Les familles des travailleurs de l’ESAT de Bel Air se mobilisent contre un projet porté par l’Adapei Loire. Celui-ci prévoit la suppression des transports des personnes handicapées à l'ESAT et la fermeture du dispositif SA ESAT, deux éléments jugés essentiels au fonctionnement de la structure.
Un ESAT (Établissement et Service d’Accompagnement par le Travail) est un établissement médico-social qui permet à des personnes en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle en milieu protégé, tout en bénéficiant d’un accompagnement social, éducatif et médical adapté. À Bel Air, 126 travailleurs y sont actuellement accueillis.
Parmi eux, 17 bénéficient du SA ESAT (Service Annexe d’ESAT). Ce dispositif spécifique s’adresse aux personnes les plus fragiles, notamment en raison de troubles psychiques ou de l’avancée en âge. Il permet d’alterner un temps de travail à l’ESAT et un temps d’accompagnement médico-social, afin de maintenir un équilibre et d’éviter la rupture.
Pour Philippe Perronnet, parent d’une travailleuse, ces dispositifs sont essentiels :
« Aujourd’hui ma fille n’est pas concernée directement, mais elle pourrait l’être demain. Ces outils permettent de maintenir le lien social et professionnel. Sans eux, certaines personnes risquent d’être exclues. »
Autre point de tension majeur : la suppression des transports collectifs. Actuellement, plus de vingt travailleurs en dépendent pour se rendre à l’ESAT. Pour beaucoup, une autonomie totale dans les transports n’est pas possible. Sans solution alternative, certains pourraient ne plus être en mesure de travailler.
La fermeture du SA ESAT inquiète également les familles, qui évoquent un risque de rupture dans l’accompagnement des personnes les plus vulnérables.
Danielle Langlois, mère d’un adulte autiste présent depuis près de vingt ans à l’ESAT, décrit une situation devenue très anxiogène :
« Il est très angoissé depuis qu’il a entendu parler de ce projet. On ne sait pas quoi lui dire, car nous n’avons aucune réponse concrète. »
Les familles dénoncent également un manque de visibilité, alors que la mise en œuvre des suppressions est annoncée pour septembre. À ce jour, aucune alternative opérationnelle n’a été présentée.
Au-delà des aspects pratiques, les parents rappellent le rôle fondamental du travail dans la vie des personnes en situation de handicap : un espace d’autonomie, de socialisation et de stabilité.
« C’est une véritable communauté, où ils créent des liens, se soutiennent et trouvent leur place dans la société », insiste Daniel Langlois.
Les familles demandent la pérennisation des transports et du SA ESAT, estimant que leur suppression irait à l’encontre des principes d’inclusion. Elles appellent les pouvoirs publics et la direction à apporter des réponses rapides et concrètes.
La direction assure une évolution à venir en parallèle de la suppression
Contactée, la direction de l'ESAT de Bel Air tempère. La suppression du SA ESAT ne se fera pas sans un redéploiement des moyens d'accompagnement sur d'autres services. Une suppression justifiée par le manque de moyens financiers mais pas que.
Notamment sur la suppression des transports, le directeur, Loïc Massardier assure que tous ne seront pas supprimés, notamment pour les travailleurs qui ne peuvent faire sans. La volonté pour la direction de l'ESAT est de développer les compétences pour certains travailleurs en utilisant les transports en commun du milieu ordinaire, notamment de la STAS, qui seront remboursés à 100% par l'ADAPEI Loire.
AC








