Aux côtés des agents du service public, de nombreux lycéens et étudiants ont battu le pavé ce mardi dans le cortège stéphanois. Cette mobilisation intervient après des tentatives de blocage dans plusieurs établissements, comme au lycée Jean-Monnet ou à la faculté de Tréfilerie, où la question des moyens revient dans toutes les bouches.
« Plus ça avance, plus on a pas mal de restrictions budgétaires au niveau de la faculté », témoigne Sandra, étudiante et syndiquée CGT, citant le tarif du deuxième repas au Crous, passé à 10 euros. Un constat partagé par Myra, étudiante, qui dénonce des « études plus chères pour les étudiants étrangers », et par Manelle, étudiante et syndiquée CGT, pour qui « pour les profs, pour les lycéens, pour les administrations, on a une baisse de moyens, avec un budget national qui est catastrophique ».
Au lycée Jean-Monnet, où le blocage a été voté à l'avance, Lilly, en terminale, résume : « On ne nous entend pas, le lycée tombe en ruine, il n'y a pas de budget pour pouvoir rénover, les emplois du temps sont catastrophiques. »
Selon la CGT, environ 220 classes ont dû fermer dans le premier degré, et entre un quart et un tiers des professeurs du second degré étaient absents aujourd’hui.
« On interroge toujours les dépenses, jamais les recettes »
La veille de la mobilisation, Nadine Ferrappi, secrétaire de la CGT Éducation, était l'invitée du plateau de TL7. Elle y annonçait une grève largement suivie dans l'Éducation nationale, avec plusieurs vies scolaires fermées dès mardi, mais rappelait que le mouvement dépassait largement ce seul secteur : hôpitaux, collectivités territoriales, justice ou encore impôts étaient également concernés. « C'est pas une grève qui ne concerne que les agents du service public, c'est une grève qui concerne tous les usagers », insistait-elle.
Au cœur de la contestation : le budget qui devait être présenté en Conseil des ministres cette semaine. Nadine Ferrappi y dénonçait une économie annoncée de 54 milliards d'euros sur les services publics par le gouvernement Lecornu, alors que « tout le monde a besoin de services publics, que ce soit les entreprises... ou les salariés du privé ». Plutôt que de réduire les dépenses, la syndicaliste plaidait pour agir sur les recettes, citant les 211 milliards d'aides versées aux entreprises « sans contrepartie, et sans condition », ou encore les 61 milliards de dividendes distribués aux actionnaires sur les six premiers mois de l'année.
Thibault Rivière - journaliste









