En 2018, dans le quartier de La Rivière à Saint-Étienne, Yassine Bencheniti n’hésite pas une seconde. Une femme menace de se jeter du 7e étage d’un immeuble. Il intervient et parvient à empêcher le drame. Un acte de courage salué à l’époque par les habitants du quartier.
Aujourd’hui, pourtant, sa situation administrative le place dans une profonde incertitude. Sans papiers, Yassine fait l’objet d’une OQTF et doit, en théorie, quitter la France. Une décision qu’il peine à comprendre. « Les personnes concernées par les OQTF ou les IRTF sont censées avoir eu des problèmes avec la justice en France. Ce n’est pas mon cas. Je veux juste poursuivre ma vie en France », explique-t-il.
Un engagement bénévole reconnu
Depuis 2019, Yassine est bénévole à la Croix-Rouge de Saint-Étienne. Chaque semaine, il participe aux distributions et à l’accompagnement des bénéficiaires. Lors d’une matinée passée à ses côtés, les témoignages sont unanimes.
Solange, bénéficiaire des services de l’association, estime que « Yassine doit être aidé ». Patrick, lui aussi présent ce jour-là, se montre catégorique : « Nous devons aider ces gens, qui sont motivés, qui veulent travailler. Il est bénévole, cela montre qu’il a envie de travailler. »
Pour ses proches comme pour les bénévoles, son engagement est la preuve d’une volonté d’intégration et d’une envie sincère de contribuer à la société.
Un emploi en suspens
Avant que sa situation ne se complique, Yassine avait réussi à obtenir un poste de livreur. Il ne peut plus exercer son métier à ce jour. Pourtant, selon lui, son poste est toujours disponible.
« Je demande juste à retrouver mon travail », confie-t-il. Une demande simple, à ses yeux, pour assurer la stabilité de sa famille.
Car Yassine est marié et père de quatre enfants. Une situation familiale qui rend l’attente encore plus lourde. À l’école, sa fille doit parfois répondre aux questions de ses camarades : pourquoi son père est-il sous obligation de quitter le territoire français ? « C’est difficile », admet-il.
Une attente sans réponse
Accompagné par une avocate, Yassine tente de comprendre sa situation administrative. Des demandes ont été déposées, mais les réponses tardent. « Je ne comprends toujours pas. Je suis en attente », explique-t-il.
Dans l’intervalle, l’inquiétude grandit. Entre son engagement associatif, son passé de salarié et son rôle de père, Yassine Bencheniti espère encore une issue favorable.
« Je veux juste continuer ma vie ici, travailler et m’occuper de ma famille », répète-t-il.
Y. Bouhaddane







