« On se gare vers Intersport, il ne faut pas le dire, c’est qu’une heure. » Joëlle, habitante de Rive-de-Gier, résume ainsi la réalité quotidienne de nombreux usagers du CHU de Saint-Étienne. Depuis 2024, le stationnement y est payant après 30 minutes, poussant certains à trouver des alternatives. « Parce qu’on ne paye pas, parce que c’est super cher », ajoute-t-elle, tandis qu’Alain, de Montrond-les-Bains, confie : « Peut-être que si c’était gratuit, ça m’inciterait plus à venir au CHU directement. »
Un long combat des usagers
Face à cette situation, l’ancien représentant des usagers du CHU de Saint-Étienne, Jean-Michel Bailly, a mené un combat acharné jusqu’à la fin de son mandat en décembre 2025. « On a fait remonter plein de choses qui n’ont pas abouti », regrette-t-il. Pourtant, son action a inspiré les députés Pierrick Courbon (Loire) et Stéphane Hablot (Meurthe-et-Moselle), qui ont déposé une proposition de loi transpartisane. « Une disposition du code de santé publique précise que tout citoyen peut être soigné gratuitement dans un hôpital public. Faire payer le parking contrevient à ce principe », souligne Jean-Michel Bailly.
Une gratuité partielle
Le CHU avait justifié cette tarification par un manque de places et un projet de parking à 30 millions d’euros, jugé trop coûteux. Mais les députés veulent agir : gratuité pour patients, personnel et aidants, et 2 heures offertes pour les visiteurs. « Il faudra que les gestionnaires de parking et les hôpitaux se mettent autour de la table pour appliquer la loi », explique Pierrick Courbon, évoquant une renégociation des contrats et une compensation par l’État.
Reste un obstacle : le gouvernement s’oppose au texte. Le processus législatif s’annonce long, mais les porteurs du projet espèrent un retour en deuxième lecture à l’Assemblée nationale dans les prochains mois.
T.RIVIERE








