Et si la politique s’écrivait pleinement avec vous ? C’est le pari osé par la mairie de Saint-Étienne, transformée le temps d’une journée en espace d’expression citoyenne. Dès le hall d’entrée, les Stéphanois ont pu déposer leurs doléances, sans filtre. Éric réclame « des toilettes publiques gratuites et non auto-nettoyantes », tandis que Christine pointe « l’excès de bruit en permanence, notamment la nuit dans certains quartiers où on entend ronfler des moteurs ». Fanny, elle, rêve « d’un plan massif pour la rénovation thermique des écoles publiques » et « de plus d’eau en ville, des fontaines, des piscines ».
L’après-midi, le collectif X a pris le relais avec des criées tonitruantes, reprenant l’esprit des cahiers de doléances post-Gilets jaunes. « Il y a un peu de modération, mais très très peu. On prend vraiment l’ensemble de ce qui a été dit. Ce n’est pas une parole individuelle qu’il faut pouvoir assumer seul […] C’est dire que toute la cité prend en charge tout ce qu’elle pense », explique François Gorissem, membre du collectif. « On va pouvoir entendre ce que tout le monde pense, pour une fois, de manière frontale. »
Un bilan d'ici cet automne
Entre doléances et débats, les conférences sur les conseils de quartier, mises en pause pendant les élections, ont aussi animé la journée. « Ce qui a été fait dans l’Assemblée pour les conseils de quartier va être traité par Joris Darfin, l’animateur, et il va nous faire une restitution de ce qui s’est dit », précise Julien Ouguergouz, adjoint au maire. Des propositions devraient être faites aux Stéphanois à l’automne.
Pour les participants, l’expérience est unaniment saluée. « Faire participer les habitants, c’est essentiel », résume Éric. « Que la politique ne soit pas juste dans un palais, fermé au public, c’est très important », renchérit Fanny. « Et que la mairie s’appelle la maison commune, ça dit tout », conclut Marie.
Une première édition qui marque le coup d’envoi du mandat de Régis Juanico, avec la promesse de renouveler l’expérience dans les années à venir.
T.RIVIERE








