Canicule : les personnes sans-abri en première ligne face aux fortes chaleurs
Alors que les épisodes de canicule se multiplient, les personnes sans domicile restent parmi les plus exposées aux risques liés aux fortes chaleurs. À Saint-Étienne, les équipes de l'association Renaitre renforcent leurs maraudes pour venir en aide aux personnes vivant dans la rue.
Selon les chiffres de l'INSEE (2023) et le rapport de la Fondation pour le Logement (2025), la France compte aujourd'hui 4,2 millions de personnes mal logées, dont plus de 350 000 vivent à la rue. En dix ans, ce nombre a doublé, tandis que l'effort public consacré au logement est passé de 2,2 % du PIB en 2010 à 1,5 % en 2025.
Face à cette réalité, la veille sociale constitue une mission essentielle de service public. Son objectif est de protéger les personnes sans-abri et celles en situation de grande précarité, notamment lors des épisodes climatiques extrêmes.
À Saint-Étienne, l'association Renaitre organise des maraudes quotidiennes, intensifiées pendant les périodes de canicule. « Quand vous êtes à la rue, l'insécurité est présente 365 jours par an. Les aléas climatiques viennent renforcer cette insécurité, avec un corps qui souffre », explique Mylène Martin, membre de l'association.
Afin de répondre à ces besoins croissants, les équipes ont été renforcées. L'association dispose désormais de deux équipes composées chacune de deux éducateurs spécialisés, un soutien financier pérenne accordé par l'État. Malgré cette avancée, les financements publics restent insuffisants. L'association poursuit donc la recherche de mécènes pour compléter ses ressources.
Sur le terrain, le travail des éducateurs consiste avant tout à créer un lien de confiance avec des personnes souvent marginalisées et oubliées. Cette relation se construit au fil des rencontres quotidiennes.
L'un des bénéficiaires souligne l'importance de ces passages réguliers, tout en saluant la récente visite du préfet : « C'est la première fois que je vois un préfet se déplacer sur le terrain. »
Pendant les fortes chaleurs, survivre dans la rue demande une vigilance constante. « Je bois huit bouteilles d'eau de 1,5 litre par jour, tellement je marche. Je cherche les endroits les plus frais, sous les arcades ou les balcons, et j'évite les zones où la chaleur remonte des canalisations ou des rails du tramway », témoigne-t-il.
Face à ces situations, chacun peut agir. Engager une conversation avec une personne en difficulté, lui proposer de l'eau ou signaler une situation préoccupante peut faire la différence. En cas d'urgence, il est possible de contacter le SAMU (15) ou le SAMU social (115).
Dans un contexte où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, la solidarité de chacun reste un maillon essentiel pour protéger les personnes les plus vulnérables.








