Et si les associations de solidarité s’arrêtaient vraiment ? La question a résonné de 12h30 à 13h30 sur la place Jean-Jaurès. Pour Benoit Ménard, directeur général de l’ANEF, la réponse est sans appel : « La société ne fonctionnerait plus, c’est très simple ». Il détaille les conséquences : plus de personnel pour accompagner les personnes âgées à domicile, plus de crèches associatives, et une protection de l’enfance qui ne serait plus assurée. Pour les personnes handicapées, « on reviendrait comme il y a 100 ans en arrière ».
160 000 emplois menacés en France
L’économie sociale et solidaire représente 2,3 millions d’emplois en France, et près de la moitié viennes de ces associations. Et le danger tape déjà à la porte :160 000 postes sont aujourd’hui menacés.
Les associations font face à la hausse des besoins, à la baisse des financements, aux difficultés de recrutement et à des trésoreries sous tension. Selon les études citées par l’Uniopss, une association employeuse sur deux a perdu des financements en 2025. En France près d’un quart des établissements médico-sociaux disposent de moins de 45 jours de trésorerie, et 60 % des associations de solidarité constatent une hausse du turnover de leurs équipes. Le secteur non lucratif gère par ailleurs 85 % des structures accueillant des personnes handicapées et près de 80 % des établissements de protection de l’enfance.
Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, estime que « les associations ne peuvent pas indéfiniment absorber l’augmentation des besoins et compenser seules des moyens devenus insuffisants ». Même si ces associations dépendant essentiellement des financements du département, les organisations mobilisées demandent directement à l’état et aux candidats à l’élection présidentielle des engagements pour garantir la continuité et la qualité de leurs missions.
Thibault Rivière - journaliste









