« Ils ont mis une puce et après on payera selon le nombre de poubelles sorties » : depuis quelques mois, les 35 900 ménages de Loire-Forez découvrent la nouvelle taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative. Exit le calcul basé uniquement sur la taxe foncière, place à une facturation qui dépend désormais du volume de déchets jetés.
« La majorité des élus nous l’ont demandé en 2022 », rappelle Pierre Giraud, vice-président de Loire Forez en charge de la gestion des déchets. « Est-ce que vous trouvez normal que le papy, qui est tout seul dans la maison qu’il a fait construire quand il avait 4 enfants, paye 750 euros de poubelle par an ? » Le système vise à réduire les levées excessives : « La moyenne sur deux territoires où cela a été mis en place, ils sont entre 10 et 12 levées par an », précise-t-il. La part fixe de la taxe diminue de 25 %, tandis qu’une levée de bac de 120 litres coûte désormais 5,30 euros, possible toutes les deux semaines. L’impact sur la facture se fera ressentir à partir d’octobre 2027.
Des habitants déjà adaptés
Certains, comme Daniel, habitant de Montbrison, ont anticipé : « On a une poubelle pour le tri, une pour le compost avec les épluchures, les coquilles d’œufs… La poubelle noire, c’est juste les restes de repas. On la sort une fois par mois. » Une organisation qui limite les coûts, mais qui demande un effort constant.
Concernant les habitats collectifs, cette taxe sera calculée soit par le bailleur, soit avec l’apport volontaire. Munis d’un badge, les habitants peuvent déposer eux-mêmes leur sac poubelle dans des bacs collectifs à l’extérieur. Cela concerne 4 500 ménages.
Des cas particuliers
Il existera forcément des cas particuliers. « On a des dizaines d’appels par jour », précise Pierre Giraud. En voici un exemple, rencontré sur le marché de Moingt, avec une hôtelière à Savigneux : « On a réduit les contenants, il faut trier les déchets de chaque client… On perd déjà énormément de temps », témoigne Marine. Les alternatives, comme le compostage ou la réduction des déchets jusqu’au choix des courses, deviennent une nécessité pour éviter des levées trop fréquentes. Pierre Giraud ajoute : « Dans l’équité, certains seront perdants et d’autres gagnants. »
L’agglomération alerte également : la mise en place de cette taxe s’accompagne souvent d’une hausse des dépôts sauvages, passibles d’une amende minimale de 135 euros. Un défi supplémentaire pour concilier écologie et civisme.
T.RIVIERE








