Drapeaux arc-en-ciel, musiques, performances de drag queens et slogans militants ont animé les rues stéphanoises ce samedi après-midi. Au départ de la place Chavanelle, la quatrième édition de la Marche des Fiertés de Saint-Étienne a une nouvelle fois rassemblé un public nombreux.
Cette année, le mot d'ordre de la manifestation faisait directement écho aux émeutes de Stonewall, survenues en 1969 aux États-Unis et considérées comme l'acte fondateur du mouvement moderne de défense des droits LGBTQIA+. Dans leur communiqué, les organisateurs rappellent que « de Stonewall à aujourd'hui, nos luttes ne sont pas finies ».
« Plus de visibilité et encore plus de lutte »
Pour Édward Prunster, président de l'association Fiertés Sainté, la marche reste avant tout un rendez-vous militant.
« Le message, c'est de la visibilité et plus de lutte encore », explique-t-il.
Parmi les revendications mises en avant cette année figurent notamment les démarches administratives concernant les personnes transgenres. Le président de l'association pointe des difficultés persistantes au niveau du tribunal judiciaire de Saint-Étienne pour certaines procédures de changement d'état civil.
« Il y a encore des refus, encore des personnes trans qui doivent se déplacer pour faire des changements à l'état civil », regrette-t-il.
Si l'association salue les efforts réalisés par la municipalité sur les questions LGBTQIA+, elle estime que des progrès restent nécessaires, notamment en matière d'accès à la santé et d'accompagnement des personnes les plus précaires.
Une mobilisation festive et familiale
Au-delà des revendications, la journée se voulait également festive. Des animations, des actions de prévention, un drag show et plusieurs soirées organisées avec des partenaires locaux ont ponctué l'événement.
Pour Yanouch, participant à la marche, l'événement porte un message universel :
« On défend toutes les libertés, toutes les expressions, toutes les envies de vivre. On ne choisit pas qui l'on est. »
Il souligne également l'évolution positive de la manifestation au fil des années.
« D'année en année, on est de plus en plus suivis par les collectivités, la mairie, la préfecture. »
« On est là pour l'amour »
Parmi les participants venus parfois de différentes communes de la Loire, nombreux sont ceux qui mettent en avant la nécessité de continuer à défendre les droits des minorités.
« On est là pour faire respecter nos droits, mais aussi pour faire respecter l'amour », affirme Méline.
Même message pour Justine, qui insiste sur l'importance du soutien de l'ensemble de la société :
« Il faut être là pour soutenir cette cause parce que le plus important, c'est l'amour. »
Une vigilance face aux discriminations
Dans leur communiqué, les organisateurs alertent également sur ce qu'ils considèrent comme des reculs des droits LGBTQIA+ dans plusieurs pays du monde. Ils dénoncent notamment la montée de mouvements conservateurs et les discriminations visant les personnes LGBTQIA+.
Pour Paola, présente dans le cortège, la marche permet de rappeler que les violences et les préjugés existent encore :
« Laissez-nous vivre. On est qui on est. »
À Saint-Étienne, la Marche des Fiertés s'impose désormais comme un rendez-vous incontournable du calendrier associatif local. Entre célébration, visibilité et revendications, les participants ont une nouvelle fois rappelé que la lutte contre les discriminations demeure au cœur de leurs préoccupations.
AC









