Au lycée Beauregard, la théorie a laissé place à l’action. Finis les cours magistraux sur le fonctionnement des institutions : ici, on débat, on amende et on vote. Encadrés par le Parlement Européen des Jeunes (PEJ), soixante lycéens en spécialité SES ont simulé une session parlementaire consacrée aux dérives de l’industrie textile. Dans cette arène improvisée, l'enjeu est de transformer une administration souvent jugée abstraite en un levier de changement concret.
L’exercice ne se contente pas de tester leurs connaissances. Dans les commissions, la tension monte d'un cran. Les élèves doivent jongler avec les codes diplomatiques tout en respectant un timing serré. Pour Andy, élève en première, l'intérêt réside justement dans cette réactivité : « On a un temps limité pour donner des réponses pertinentes. »
L'art de l'éloquence comme tremplin vers le bac
Cette immersion est une véritable école de la répartie. En imposant un cadre strict, les bénévoles du PEJ forcent les jeunes à sortir de leur zone de confort. Selon Adèle Simonet, organisatrice et membre du conseil européen des jeunes, l'objectif est avant tout pédagogique : « Ils mettent un premier pied dans le débat démocratique et puis dans l’institution européenne. »
Au-delà de l'initiation civique, cette journée offre un avantage stratégique pour le baccalauréat. En montant à la tribune, ces futurs bacheliers apprivoisent leur peur du public et structurent leur discours. Ce qui n'était qu'une simulation devient alors une préparation de haut vol pour le grand oral du Baccalauréat. Leur enseignante Marie-Aldine Cote, avoue que le résultat est sans appel : « Cet exercice les rend presque pressés de passer le Grand Oral. »
Une première étape prometteuse qui, entre deux amendements adoptés, aura sans doute ouvert de nouveaux horizons aux futurs citoyens de Montbrison.
J.MATHIEU








