Douze ans d'absence n'auront pas suffi à effacer l'attachement des Foreziens pour leur foire. Pour sa troisième édition depuis sa renaissance, l’événement s’est transformé : finie l’époque du pur bénévolat, place à une structure professionnalisée. Installée au cœur du jardin d’Allard et du gymnase Daval, la foire accueille cette année 180 stands dans une ambiance qui mêle habilement commerce et festivités familiales.
Entre deux sessions d'accrobranche pour les enfants, les visiteurs déambulent pour découvrir des pépites locales ou plus lointaines. Si certains craquent pour des produits canadiens, la majorité vient chercher l'authenticité du terroir. Impossible d'évoquer Montbrison sans sa célèbre fourme. Le syndicat de l’AOP profite de l'affluence pour faire de la pédagogie. « L'idée c'est de faire connaître la fourme aux gens qui ne la connaissent pas, de parler de l’AOP, du label et du savoir-faire », explique Audrey Pessellon, animatrice du syndicat.
Un rempart contre le commerce en ligne
Mais au-delà de la dégustation, l'enjeu est avant tout structurel. Pour Christophe Bazile, maire de Montbrison, chaque achat effectué sur la foire est un acte militant pour préserver le tissu social et économique du territoire. « On a besoin de commerçants pour les stagiaires, des entreprises pour de l’alternance ou de l’apprentissage... il faut rendre la monnaie en achetant local plutôt que sur internet », martèle l'élu.
Soutenir le commerce de proximité tout en faisant la fête : un pari réussi pour cette édition qui compte bien égaler les records d'affluence de l'an passé, 25 000 visiteurs. En favorisant les échanges directs entre producteurs et consommateurs, Montbrison réaffirme son rôle de moteur pour l'emploi local et prouve que le format "foire" a encore de beaux jours devant lui.
J.MATHIEU








