Des mortiers d'artifice tirés à l'horizontale en direction du personnel : voilà ce qu'ont vécu ce jeudi les agents du lycée Étienne Mimard lors de cette tentative d'intrusion. « On peut comprendre que les personnels soient choqués », reconnaît Florent Jost, proviseur de l'établissement.
Du côté de l'accueil, on distingue les manifestants des casseurs. « Les lycéens donnent leur avis, ça c'est sûr, des revendications, mais on ne vient pas casser », témoigne Muriel, agent d'accueil du lycée.
Jusqu'à 30 millions d'euros de dommages dans la région
Ce jeudi, le président de la Région Fabrice Pannekoucke et la rectrice Anne Bisagni-Faure se sont rendus sur place pour rencontrer agents et direction. Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs des dégradations, mais Mimard n'est pas un cas isolé : le mouvement lycéen a causé entre 25 et 30 millions d'euros de dommages dans les lycées de la région. « Il peut y avoir des attentes légitimes et on est là-dessus très à l'écoute, mais on a aussi dans ces groupes de casseurs des gens qui n'ont rien à voir avec le lycée », nuance le président de région.
Face aux revendications sur l'état du bâti des établissements de la région, l'élu rappelle les investissements déjà engagés. « Nous n'avons plus aujourd'hui d'établissements classés comme ‘ne respectant pas les conditions’, et ce sont près de 5 milliards d'euros d'investissement qui ont été réalisés. Donc on ne peut pas considérer que rien ne se passe », affirme Fabrice Pannekoucke. La Région recommande par ailleurs aux établissements non équipés d'installer des portiques de sécurité. Ça pourrait être le cas à Étienne Mimard, si cette mesure est votée au prochain conseil d’administration.
Donner la parole aux lycéens
Pour recueillir les doléances, l'État a ouvert une plateforme (agora.gouv.fr/consultations/lycee). L'Académie souhaite aussi renforcer la place des élèves au conseil d'administration via les élections lycéennes. « Il faut qu'on les aide à faire entendre leur voix. Nous avons eu la souplesse du ministère pour organiser les élections lycéennes : ils auront le temps qu'il faut, jusqu'à novembre si besoin », explique Anne Bisagni-Faure, rectrice de la région académique.
En attendant, Étienne Mimard reste fermé tant que la sécurité des élèves n'est pas assurée. Les cours s'y déroulent en distanciel, comme dans 9% des lycées de la région ce vendredi.
Thibault Rivière - Journaliste










