Lundi s'ouvrira devant la cour d'appel un nouveau chapitre judiciaire dans l'affaire de la sextape qui secoue la vie politique stéphanoise depuis plusieurs années. Condamné en première instance, Gaël Perdriau conteste toujours les faits qui lui sont reprochés. Son avocat, Maître Jean-Félix Luciani, estime que la décision rendue en première instance ne reflète pas la réalité du dossier.
« Cet appel est destiné à contester à la fois une culpabilité et la peine qui a été infligée », explique l'avocat lyonnais. Selon lui, plusieurs éléments versés au dossier n'auraient pas été suffisamment examinés par les premiers juges.
« Les conclusions écrites ainsi que les pièces de fond et de personnalité qui avaient été produites n'ont visiblement pas été prises en considération », affirme-t-il. Une analyse qui conduit la défense à dénoncer un manque d'écoute lors du premier procès. « Ce n'est pas seulement une pensée, c'est une réalité traduite par le jugement que nous avons pu lire », poursuit Maître Luciani.
Une contestation maintenue sur le fond
Depuis le début de la procédure, Gaël Perdriau nie toute implication dans l'organisation et l'exploitation du piège tendu à Gilles Artigues. Une position que son avocat réaffirme à l'approche de l'audience d'appel.
« Monsieur Perdriau conteste formellement avoir été l'auteur des faits qui ont été reprochés à l'encontre de Monsieur Artigues, mais aussi d'en avoir tiré ou cherché à tirer un quelconque bénéfice politique ou personnel », indique-t-il.
La défense conteste également les accusations relatives à une éventuelle rémunération des auteurs du piège par l'intermédiaire de subventions publiques.
« L'espoir que sa parole soit entendue »
À quelques jours de l'audience, l'ancien maire de Saint-Étienne aborde cette nouvelle étape judiciaire avec « l'espoir que sa parole soit entendue », selon son avocat.
« Il y a l'espoir de voir la vérité émerger, puisqu'il ne cesse de dire depuis le départ qu'il dit la vérité », explique Maître Luciani. Il évoque également « l'anxiété légitime » d'un prévenu confronté à une audience aux conséquences importantes sur « son honneur, sa liberté et sa situation matérielle ».
Une relaxe sur « l'essentiel » des faits reprochés
Concernant les attentes de la défense, l'objectif affiché est clair : obtenir une relaxe sur les principaux chefs de poursuite.
« Ce que nous souhaitons, c'est à tout le moins une relaxe sur tout ce qui concerne l'organisation du piège, sa rémunération et son exploitation », détaille l'avocat.
Maître Luciani reconnaît néanmoins que certains comportements de son client, notamment un « mouvement de colère » à l'égard de Gilles Artigues, pourraient faire l'objet d'une qualification pénale. « Monsieur Perdriau le regrette et s'en excuse », précise-t-il.
La cour d'appel devra désormais réexaminer l'ensemble du dossier lors d'une audience particulièrement attendue, tant sur le plan judiciaire que politique dans la métropole stéphanoise. Le procès s'ouvre ce lundi à la cour d'appel de Lyon.
A. Crouzet










