La colère monte chez les surveillants pénitentiaires. À la maison d’arrêt de la Talaudière, comme partout en France, la mobilisation s’inscrit dans un mouvement national dénonçant des conditions de travail de plus en plus dégradées.
« C’est un appel généralisé », explique Enrico Adrien, adjoint au secrétaire syndical local UFAP UNSA Justice et major pénitentiaire. En cause : un manque d’effectifs persistant et une surpopulation carcérale qui atteint des niveaux critiques. Aujourd’hui, le taux d’occupation dépasse les 150 % au niveau national, avec plus de 20 000 détenus en surnombre par rapport aux capacités réelles des établissements.
Une situation qui n’épargne pas la Talaudière. « Ici, c’est une petite structure, donc dès que la surpopulation explose, on le ressent immédiatement », souligne-t-il. Les conséquences sont concrètes : multiplication des matelas au sol, tensions accrues entre détenus, et un climat général devenu « pesant » pour les agents comme pour les personnes incarcérées.
Face à cette situation, les surveillants ont décidé de passer à l’action. Ce lundi, une opération coup de poing est prévue : « On va bloquer l’établissement tout simplement. Personne ne rentre, personne ne sort », annonce Enrico Adrien. L’objectif est clair : se faire entendre des autorités, de la direction et alerter sur l’urgence de la situation. Les syndicats espèrent ainsi obtenir des réponses rapides, tant sur le recrutement que sur la gestion de la surpopulation carcérale.
AC








