Le Chaudron ne se dissout pas ! » Le slogan résonne avec force dans les rues de Saint-Étienne. Un peu plus d’un an après une première mobilisation, les supporters de l’AS Saint-Étienne sont de nouveau descendus dans la rue pour défendre leurs groupes ultras, les Magic Fans 91 et les Green Angels 92.
Le rassemblement s’est tenu au parc François-Mitterrand, point de départ d’un cortège organisé juste avant la rencontre face à Dunkerque. Dans le viseur des manifestants : les autorités et en particulier le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, accusé de relancer une procédure de dissolution visant ces groupes, déjà menacés l’an dernier.
Dans la foule, l’inquiétude est palpable. « Ce ne serait pas vraiment le stade s’il n’y a plus les groupes. Un stade sans ambiance, ce n’est pas un vrai stade », confie Loanne, supportrice. Pour beaucoup, au-delà du football, c’est toute une culture populaire qui est en jeu. « Ils sont en train de tuer le football populaire », déplore Hugo, qui redoute les conséquences pour la ville et ses habitants. « Ici aujourd’hui, il y a toutes les générations : des grands-parents, des parents, des enfants. Ces groupes sont là pour fédérer tout ça », souligne Sandrine venue de Bourgoin-Jallieu. Une diversité qui illustre l’ancrage profond des ultras dans l’identité stéphanoise.
Cette possible dissolution suscite également des réactions dans la sphère politique locale. Présent sur place le maire de Saint-Etienne, Régis Juanico, dénonce une mesure « contre-productive » et « inefficace », la disparition des groupes structurés pourrait au contraire favoriser des comportements individuels incontrôlés. « Les groupes encadrent les supporters et participent à l’animation des tribunes. Sans eux, on prend le risque de perdre ce cadre", ajoute-t-il.
À l’approche d’une possible remontée en Ligue 1, l’enjeu est aussi symbolique. « On n’imagine pas une fête sans les ultras », insiste l'élu, évoquant l’importance de ces groupes dans les grands moments du club.
Dans la foulée de cette mobilisation, une réunion était prévue entre les dirigeants de l’ASSE, les leaders des groupes ultras et des élus municipaux. Objectif : afficher un front uni avant l’audience prévue lundi devant la commission nationale. Une échéance décisive pour l’avenir des groupes de supporters et pour l’ambiance du stade Geoffroy-Guichard.
AC








