Le conflit social se poursuit au sein des établissements médico-sociaux gérés par les PEP Loire Dômes Allier (PEP LDA) à Saint-Étienne. Ce mardi, des enseignants exerçant au DITEP Fernand Deligny et au DIME Parc Revollier ont été reçus par la direction générale de l’association, après plusieurs semaines de mobilisation.
Cette rencontre intervenait près d’un mois après le dépôt d’un préavis de grève couvrant la période du 24 mars au 24 avril 2026, lancé par l’intersyndicale CGT, CNT et SUD. Les syndicats dénonçaient une dégradation des conditions de travail, des décisions prises sans concertation et des répercussions sur la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.
Les PEP Loire Dômes Allier constituent un acteur important du secteur médico-social et éducatif dans plusieurs départements de la région. Héritière du réseau des Pupilles de l’Enseignement Public, l’association intervient dans les domaines du handicap, de l’enfance, de la santé, du social et de l’éducation spécialisée.
À Saint-Étienne, elle gère notamment plusieurs structures accueillant des enfants et adolescents présentant des troubles du comportement, des difficultés d’apprentissage ou des besoins éducatifs particuliers. Parmi elles figurent le DITEP Fernand Deligny et le DIME Parc Revollier, aujourd’hui au cœur du mouvement social.
Dans ces établissements, les enseignants travaillent en lien étroit avec des éducateurs spécialisés, psychologues, orthophonistes, soignants et cadres éducatifs. Un fonctionnement pluridisciplinaire que les grévistes jugent aujourd’hui fragilisé.
Les enseignants dénoncent une perte de sens
À la sortie de la réunion de ce mardi, Nathalie Bonhomme, déléguée CGT de l’enseignement privé de l’Académie de Lyon, a expliqué que les revendications avaient été entendues sans qu’aucune mesure concrète ne soit actée.
« Les différents points de revendication ont été listés, ont été abordés les uns après les autres, avec une écoute, mais pas forcément une compréhension en face », a-t-elle déclaré.
Les personnels dénoncent notamment un manque de concertation, des temps de coordination insuffisants, une communication jugée trop descendante et des organisations de travail modifiées sans échanges préalables.
Selon eux, ces difficultés pèsent directement sur leur mission pédagogique. Dans des structures accueillant des jeunes en grande difficulté, les temps de co-intervention entre enseignants et éducateurs sont considérés comme essentiels.
« Les équipes enseignantes sont fatiguées, sont quasiment sur le départ », a ajouté Nathalie Bonhomme.
Dans leur communiqué de mars, les syndicats pointaient des situations précises au sein des deux établissements stéphanois gérés par les PEP LDA.
Au DITEP Fernand Deligny, ils dénonçaient notamment le non-renouvellement annoncé de deux enseignantes, un turn-over important, des arrêts maladie, des emplois du temps imposés sans concertation et la suppression de temps de co-intervention entre enseignants et éducateurs.
Au DIME Parc Revollier, les représentants du personnel évoquaient des effectifs jugés trop lourds, un manque de concertation avec les équipes éducatives, des difficultés pour mener des projets pédagogiques et la réduction progressive du temps de présence de l’unité d’enseignement externalisée au collège des Champs.
La direction des PEP LDA promet des ajustements
Face à la mobilisation, Francis Paillard, directeur général des PEP Loire Dômes Allier, a reconnu des dysfonctionnements internes.
« Le but, c’était de se rencontrer et de renouer le dialogue parce que, oui, nous avons eu des situations d’incompréhension et de difficultés », a-t-il affirmé.
Le dirigeant estime que les difficultés concernent principalement « la coordination, la communication, la définition des missions », dans des structures où interviennent plusieurs métiers autour d’un même enfant.
Il a annoncé la rédaction prochaine d’une feuille de route partagée avec les organisations syndicales.
« On s’est engagé à produire une feuille de route sur les points sur lesquels on a discuté », a précisé Francis Paillard.
Ce document devrait notamment porter sur les emplois du temps, les réunions, les circuits de communication interne et l’organisation du travail entre services.
Une suite encore incertaine
Malgré cette ouverture, les enseignants restent dans l’attente. Tant qu’aucune mesure concrète n’aura été mise en œuvre, la grève pourrait être reconduite.
Les personnels devaient se réunir dans la journée pour décider de la suite du mouvement.
Un conflit qui met en lumière les tensions qui traversent aujourd’hui le secteur médico-social : manque de moyens, difficultés de recrutement, fatigue des équipes et nécessité de maintenir un accompagnement de qualité pour les jeunes les plus fragiles.
AC








