Ils étaient réunis ce jeudi matin devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de la Loire. Enseignants, personnels éducatifs et syndicats dénoncent une situation qu’ils jugent « aberrante » : plusieurs établissements stéphanois, pourtant parmi les plus défavorisés, ne bénéficient toujours pas du classement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).
Parmi les voix mobilisées, Léa Pierret, professeure des écoles à Saint-Étienne et co-secrétaire départementale du syndicat FSU-SNUipp, pointe un manque criant de moyens :
« On se mobilise aujourd’hui pour demander plus de moyens et que nos écoles et collèges soient classés en REP. »
Dans le viseur des manifestants : notamment le collège Honoré-d’Urfé et les écoles qui en dépendent, comme celles de Laveux, Centre 2 ou encore La Jaumaière. Des établissements caractérisés par un indice de position sociale (IPS) très faible, révélateur d’une grande précarité des élèves.
Pour les enseignants, le classement en REP+ permettrait des améliorations concrètes et immédiates. « Cela permettrait notamment d’avoir des classes dédoublées en grande section, CP et CE1, avec 15 élèves maximum », explique Léa Pierret. Une mesure jugée essentielle pour accompagner des élèves souvent en difficulté, parfois en situation de handicap.
Au-delà de la réduction des effectifs, les personnels réclament également davantage de formation — jusqu’à neuf jours supplémentaires — ainsi qu’une revalorisation via une prime spécifique REP ou REP+.
Les organisations syndicales rappellent que ces établissements figurent parmi les 9 % les plus défavorisés de France. Une réalité reconnue récemment par le ministre de l’Éducation nationale lui-même, qui a qualifié leur situation d’« aberrante ». Mais pour les manifestants, les paroles ne suffisent plus.
« Cette situation, on la vit depuis des années. Les personnels sont épuisés et en colère face à l’absence de réponses », dénoncent les syndicats dans un communiqué commun.
Dans la Loire, trois collèges sont particulièrement concernés : Honoré-d’Urfé à Saint-Étienne, mais aussi Waldeck-Rousseau et Les Bruneaux, ainsi que les écoles rattachées. À Saint-Étienne, la situation du collège Honoré-d’Urfé est jugée particulièrement critique, en raison d’un cumul de difficultés sociales et d’une forte surpopulation scolaire.
Les syndicats exigent désormais une intégration immédiate en REP+ dès la rentrée 2026, estimant qu’il en va du bon fonctionnement du service public d’éducation. La mobilisation du 2 avril pourrait marquer le début d’un mouvement plus large, alors que les personnels assurent rester déterminés à obtenir des moyens « à la hauteur des besoins ».
AC







