« Il faut qu'ils arrêtent d'avoir peur de nous, et qu'ils commencent à s'occuper de nous » : le message de Matthieu, un des représentants des lycéens au lycée Honoré d'Urfé, résume l'état d'esprit de cette mobilisation qui a traversé plusieurs villes du département. À Saint-Étienne, le cortège est parti de la place Jean-Jaurès pour rejoindre la DSDEN. Selon la préfecture, 2 600 personnes ont défilé dans les rues stéphanoises ; les syndicats avancent eux une fourchette comprise entre 6 000 et 8 000 manifestants.
Des jeunes peu habitués à manifester
Dans la foule, de nombreux jeunes peu habitués aux mobilisations ont fait le déplacement. « Je n'ai pas trop l'habitude, mais j'ai beaucoup d'idées en commun avec toutes les personnes qui sont présentes, donc je ne me sens pas vraiment de trop », confie Emma, lycéenne à La Salésienne. Même constat chez Waïl, de l'Institution Saint-Paul : « Je me sens un peu privilégiée d'être à Saint-Paul, mais je suis là pour soutenir mes camarades, des gens de ma génération qui sont dans des collèges insalubres. »
Les revendications matérielles et de rénovation du bâti sont au cœur du mouvement. « On a des vitres qui se cassent, de l'insalubrité, des rats pour certains, et ce n'est pas normal pour nous d'étudier dans ces conditions-là », détaille Leila, également lycéenne à Honoré d'Urfé, et en tête du cortège.
Parents, enseignants et syndicats mobilisés
Des parents ont aussi fait le choix de se joindre au cortège. « Il semblait important de poser un jour de grève pour être là aujourd'hui. Rythme scolaire, journées à rallonge, profs non remplacés, angoisse de Parcoursup », énumère Tom, père d'un lycéen et d'un collégien.
Enseignants et syndicats, eux, ont surtout veillé à encadrer la manifestation. « On s'est mis à disposition de la jeunesse pour que l'expression de ces jeunes, leurs revendications, puissent être véritablement entendues », explique Mireille Carrot, secrétaire générale de la CGT 42.
Malgré les craintes d'un « mardi noir » à Saint-Étienne, la journée s'est déroulée dans le calme. La préfecture de la Loire avait activé son centre opérationnel départemental pour encadrer la sécurité des différents mouvements organisés en matinée.
Thibault Rivière - journaliste










