"Un écrit reste, un message s’efface." Christianne, habitante de Saint-Étienne, résume l’esprit de la première édition de la Fête de l’écrit, organisée ce mardi par La Poste à la Grand Poste, avenue de la Libération. La Stéphanoise se trouve à l'atelier pour envoyer une lettre manuscrite gratuitement.
Mais l’événement ne s’arrête pas là : concours de la plus belle missive, ateliers de calligraphie et rappels des règles d’orthographe ont rythmé la journée. "Quand on écrit, on libère ses émotions. On passe un cap, parler de son soi intérieur, des choses qu’on n’ose pas dire", explique Nancy Guilbert, écrivaine et animatrice au Labo des histoires.
Travailler la forme
La calligraphie a particulièrement marqué les esprits. "Quand j’écrivais comme ça, c’était quand j’ai appris à écrire. Ça fait très très longtemps", se souvient Olivier, un participant. Christine, elle, y voit un art : "Je pense qu’on peut s’en passer. Mais voilà, c’est un art." Hélène Sevi, artiste caligraphe, va plus loin : "On peut avoir une belle vie sans la calligraphie. Mais on a une plus jolie vie avec."
Autre enjeu à l’ère du numérique et des intelligences artificielles : l’orthographe et la grammaire. Beaucoup peuvent critiquer les nouvelles générations. Mais Olivier Glain, enseignant-chercheur en linguistique à l’Université Jean Monnet, souligne un paradoxe : "Il y a de plus en plus de gens qui vont à l’école et qui écrivent. À partir de là, il y a de plus en plus de gens qui ont la possibilité de faire des erreurs. Dans la mesure où il y a une démocratisation, les erreurs sont peut-être un peu plus visibles."
L’écriture, un lien social à préserver
Pour Fabrice Caruana, directeur de la Grand Poste de Saint-Étienne, l’enjeu est clair : "Ce qui est important, c’est de redonner l’envie d’écrire. Parce que les clients qui écrivent, on en a toujours eu à La Poste. Et qu’on garde le lien, parce que l’écriture, c’est aussi du lien entre nous et les clients." Cette première édition stéphanoise s’inscrit dans une dynamique nationale : 65 établissements de La Poste sont mobilisés, après une phase test l’an dernier dans cinq d’entre eux.
T.RIVIERE










