Grille close pour le collège Honoré d’Urfé. Devant l'établissement, le décor est planté : les banderoles sont déployées et les personnels se massent devant l'entrée pour marquer le coup. Ce mouvement de grève reconductible n'est pas une simple protestation, mais un appel à l'aide. L'objectif est l'obtention du classement en REP+. Pour les grévistes, c'est le seul levier permettant d'alléger les effectifs et de protéger l’avenir d’élèves issus de quartiers socialement fragilisés. « On est les oubliés de l’Éducation nationale. Il y a une rupture d’égalité du service public. Nous le vivons depuis dix ans, et là, le Ministre est venu remettre un coup de projecteur sur cette situation que nos élèves subissent au jour le jour », s'indigne Simon Rubert, enseignant d'histoire au collège.
Une colère qui s'étend aux écoles du secteur
Mais la fronde dépasse largement les murs du secondaire. De Solaure à la maternelle Champagne, en passant par les écoles de Centre 2, l'effet domino est immédiat. Les équipes dénoncent une carte scolaire totalement déconnectée de la réalité du terrain. Le refus du ministère de réviser les zonages avant 2027 est vécu comme une provocation. Léa Pierret, co-secrétaire départementale FSU-SNUipp 42, souligne l'aberration du calendrier : « Le ministère nous répond que ce serait trop tard pour faire cette refonte avant 2027. Mais quand ça fait douze ans qu’ils sont au pouvoir, c’est un peu risible de dire ça un an avant les élections. Chaque année on retarde cette carte, et chaque année on en pâtit. »
Le cortège de manifestants, parti du collège, a rallié les différentes écoles du secteur pour grossir les rangs. Alors qu'une délégation est attendue en mairie à 16h45 pour tenter de débloquer la situation, leur message reste ferme : la mobilisation ne faiblira pas tant que l'urgence éducative stéphanoise ne sera pas traitée avec le sérieux qu'elle impose.
J.MATHIEU








