Face à la contestation lycéenne, l'exécutif a annoncé une demi-journée d'échange entre élèves et professeurs, directement dans les établissements. Mais à Saint-Étienne, devant le lycée Honoré d'Urfé, la réponse n'a pas convaincu : un nouveau blocus pacifique s'est organisé ce mercredi matin.
Pour beaucoup d'élèves, la méthode interroge. « Je trouve ça bien mais je trouve ça dommage qu'en gros on balance ça aux établissements et qu'on leur dise bah en fait débrouillez-vous, vous en parlez avec vos élèves », regrette Lily. Même scepticisme chez Élise : « Certes c'est bien en soi mais ça sert un peu à rien parce que nous de base nos revendications c'était pas ça. »
D'autres doutent carrément de l'utilité du dialogue proposé. « Moi je trouve que parler ça servirait à rien parce que dans tous les cas on n'est pas écoutés », estime Dina. Un sentiment d'être pris de court que partage Blanche, qui dénonce aussi l'organisation de la journée : « Ils ont fait exprès de faire des horaires pour qu'on arrive tous décalés, pour même pas qu'il y ait des blocus. »
Pour Inayia, le blocus reste une réponse légitime : « Ils peuvent rien faire [la direction du lycée]. Et nous on a notre droit, si on peut faire des blocus, se battre pour nos droits, on le fait. »
Au-delà de la forme, c'est le fond des revendications que les lycéens veulent remettre en avant. « On demande juste la revalorisation, la réforme d'un système qui ne marche pas, en accord avec les CPE, les professeurs, qui tous manquent de moyens », explique Matthieu. Blanche résume l'enjeu financier : « On veut juste des sous pour nos professeurs, pour les salles de classe, pour les établissements qui tombent en ruine. Et en fait c'est pas des caprices de lycéens. »
Thibault Rivière - journaliste










