C’est un véritable travail de chirurgie urbaine qui s’opère au cœur de Saint-Étienne. Ce mercredi 10 juin 2026, élus locaux et services de l’État s’étaient donné rendez-vous au nouveau local de l'Établissement Public d'Aménagement de Saint-Étienne (EPASE), situé rue Antoine Durafour, pour une présentation itinérante des chantiers en cours et à venir dans le quartier Saint-Roch.
L'objectif affiché par cet "attelage" entre la municipalité et l'État est clair : reprendre en main un territoire de 14 hectares pour y réinstaller du confort, de la mixité et de la sérénité.
Un logement sur six concerné par la rénovation
À Saint-Roch, la mutation n’est pas qu’esthétique, elle est structurelle. Le projet s'attaque de front à la qualité de l'habitat et à la lutte contre le logement insalubre. "Nous intervenons pratiquement sur un logement sur six à l'échelle des 14 hectares du quartier", révèle Yvan Astier, directeur général de l'EPASE. Un chiffre qui démontre l'ampleur de l'enjeu dans un secteur historiquement marqué par la fragilité de son bâti.
Pour orchestrer cette métamorphose et rester au plus près des riverains, l'EPASE vient d’ailleurs de s'installer physiquement au cœur du quartier. Ce nouveau point d'ancrage permettra d'expliquer aux habitants les détails, le chaînage et le calendrier des travaux. Si les premières fondations de cette mutation remontent à la livraison de la place Saint-Roch en 2020, l'horizon est désormais fixé : d'ici 5 ans, l'ensemble des chantiers immobiliers et d'infrastructures actuellement engagés seront livrés.
Priorité aux modes doux et à la piétonnisation
La refonte de la trame urbaine va profondément modifier les usages quotidiens des Stéphanois. Plusieurs axes majeurs, à l'image de la place Chapelon et des rues Termier et Crozet-Fourneyron, s'apprêtent à changer de visage pour offrir un cadre plus respirant et agréable.
La municipalité souhaite briser l'enclavement du quartier en créant de nouvelles liaisons de mobilité. "Nous allons faire des traversées qui privilégient les modes piétons, les modes doux et le vélo, notamment réintégrer le tramway sur des axes Est-Ouest, ce qui est assez inédit à Saint-Étienne", souligne le maire, Régis Juanico. Moins de voitures, plus d’espaces végétalisés et de zones de divertissement : la trame publique est redessinée pour que les administrés se réapproprient positivement la ville.
Commerce et sécurité : l'offensive conjointe de la Ville et de l'État
Cette requalification urbaine s'accompagne d'un volet sécuritaire et réglementaire strict, réclamé de longue date par les riverains face aux nuisances nocturnes. Pour le préfet de la Loire, François-Xavier Bieuville, l'enjeu est de "réinstaller le formel dans un territoire où, trop souvent, il y a de l'informel".
La Ville et l'État agissent de concert pour réguler l'activité commerciale, particulièrement le long de l'artère Antoine Durafour. L’EPASE et la municipalité utilisent désormais leurs droits de préemption pour acquérir des cellules commerciales en rez-de-chaussée afin d’y diversifier et d’y requalifier l'offre.
En parallèle, la pression policière et administrative s'est accentuée. Depuis le 1er janvier 2025, pas moins de 500 infractions ont été constatées dans le secteur par la police nationale et municipale. Parmi elles, 70 procès-verbaux concernent le non-respect de l'arrêté municipal imposant la fermeture de certains commerces de nuit dès 22 heures. Des opérations coup de poing et des commissions de sécurité incendie sont menées de façon permanente, sous la direction de Justine Fèvre, adjointe à la sécurité.
"Nous intervenons sur tous ces secteurs de tensions à Saint-Étienne pour que nos concitoyens puissent retrouver la tranquillité publique", insiste Régis Juanico. Avec cette double approche conjuguant urbanisme moderne et fermeté républicaine, Saint-Roch pose les bases de son futur visage : celui d'un quartier apaisé, dynamique et résolument tourné vers l'avenir.
AC









