Le cinéma n'a pas d'âge. C'est le message fort porté par les résidents de la maison de retraite Emeis Fauriel à Saint-Étienne. Parmi 45 candidatures issues de la Loire, de la Haute-Loire et du Rhône, leur projet a été retenu de manière totalement anonyme par les bénévoles du « Festival des Cannes ». Ce concours de courts-métrages, qui s'adresse exclusivement aux EHPAD, propose cette année de revisiter les grandes pépites du septième art.
Pour les aînés stéphanois, le choix s'est rapidement imposé : ce sera un remake de Bienvenue chez les Ch'tis, rebaptisé pour l'occasion « Bienvenue chez les Gagas ».
Du dictionnaire gaga aux répliques de cinéma
Depuis le début du mois de juin, la résidence vit au rythme du septième art. Pour transformer leur idée en véritable scénario, les résidents reçoivent Carole Got, scénariste professionnelle. Trois séances de travail intensives (les 3, 11 et 17 juin) permettent de poser les dialogues et de structurer l'histoire.
« Je m'inspire de leur façon de parler, de leur vécu et de leur envie de jouer », confie Carole Got, impressionnée par la motivation du groupe. « Ils ont bossé tout le lexique gaga ! Ils m'ont parlé des mines, des traditions, et de la manière dont on accueille les étrangers ici. »
L'intrigue ? Un Toulousain (incarné par Laurent, un résident survolté) débarque à Saint-Étienne à contrecœur. Les locaux vont alors rivaliser d'ingéniosité, de parlé gaga et de ferveur pour les Verts de l'ASSE pour lui donner envie de rester.
Objectif : Palme d’or à Saint-Chamond
Après l'écriture viendra le temps de la mise en scène avec une comédienne, avant le moment tant attendu : le tournage, prévu durant la première semaine de novembre. Durant sept jours, la maison de retraite se transformera en un véritable plateau professionnel avec caméras, éclairages et preneurs de son, sous la direction du réalisateur Philippe Crozier.
Au-delà de l'aspect ludique, ce projet stimule les capacités cognitives des participants et brise la routine. « Cela leur apporte de la fierté, de l'estime de soi. On se rend compte qu'à 95 ans, on peut encore faire plein de choses », sourit Gaëlle Violon, l'animatrice de la résidence.
Le dénouement aura lieu lors du festival à la salle Aristide Briand de Saint-Chamond. Les résidents y découvriront leur film sur grand écran, avec un objectif clair transmis par leur directeur : décrocher le premier prix. « On va donner le meilleur de nous-mêmes », promet déjà Laurent.
AC








