Comment tourner la page d'un scandale qui a ébranlé l'image de la ville ? C'est tout l'enjeu du conseil municipal réuni ce lundi à Saint-Étienne, où plusieurs mesures éthiques ont été votées à l'unanimité, près d'un an après le procès en première instance de l'affaire du chantage à la vidéo intime.
Pour le maire Régis Juanico, ce vote marque une étape après une période difficile : « ça a été un traumatisme pour la ville de Saint-Étienne », reconnaît l'édile, qui évoque une confiance « érodée » avec les partenaires de la collectivité et les habitants.
Pour tourner la page, plusieurs mesures concrètes : les subventions aux associations seront désormais attribuées selon des critères objectifs, et la réserve du maire, jugée opaque, a été supprimée. L'objectif final, résume Régis Juanico : que les élus ne confondent « les moyens publics avec leurs intérêts privés ».
« La collectivité la plus avancée sur ces sujets »
Une charte éthique et un nouveau règlement intérieur imposent désormais assiduité et comportement digne aux élus. Un conseil déontologique indépendant, composé d'anciens procureurs, de professeurs de droit de l'université Jean Monnet et de personnalités civiles, pourra s'autosaisir à tout moment pour traiter de problèmes au sein de la collectivité, aussi bien au niveau des agents que des élus. Dans l'opposition, certains points précis ont été rediscutés, mais l'idée générale a trouvé un consensus.
Une reconnaissance qui dépasse les frontières stéphanoises, selon le maire : « nous sommes la collectivité la plus avancée sur ces sujets », affirme-t-il, citant un échange récent avec l'ONG Transparency International France.
Thibault Rivière - Journaliste








