« Regardez, c’est tout sale, il y a encore l’odeur de la fumée » Mouloud Kournane, habitant du 12ᵉ étage, désigne les traces blanches de plâtre au sol dans son appartement, vestige du passage des pompiers pour sauver sa femme, alors sur le balcon.
Un incendie a éclaté dans la nuit du 28 au 29 janvier. La colonne Enedis de son immeuble, situé rue Victor Gomy à Saint-Étienne, a pris feu, limitant les flammes à la cage d’escalier mais forçant l’évacuation des quatre derniers étages. Une semaine plus tard, les séquelles sont toujours visibles : « Vous voyez la porte du placard brûlé, elle est toujours là », souligne-t-il, désemparé. « Du bois brûlé, des morceaux de briques, du plâtre… », énumère Mouloud un peu plus loin dans l’escalier.
Pendant ce temps, une expertise débutera vendredi au 8C rue Victor Gomy pour déterminer les causes de l’incendie, suscitant l’inquiétude des riverains pour les immeubles voisins.
Un retour prévu ce vendredi
L’ascenseur, hors service depuis l’incendie, complique le quotidien des résidents. Vendredi matin, l’assurance cessera de prendre en charge leur hébergement à l’hôtel, les contraignant à revenir dans un logement où « l’air est irrespirable », décrit Mouloud, dont la femme, enceinte de leur deuxième enfant, se trouvait dans l’appartement quand le feu a embrasé la cage d’escalier. « Elle est toujours traumatisée. Je la vois la nuit, je pense qu’elle fait encore des cauchemars. »
« Aucune zone de danger » selon Habitat et Métropole
La déception est palpable chez Mouloud, face à l’absence de soutien visible de la part d’Habitat et Métropole, un point de vue partagé au 10ᵉ étage : « Je ne les ai pas vus, ça aurait été bien qu’ils fassent acte de présence pour nous soutenir », confie Suzanne Bugnand.
Pourtant, Loris Flandin, directeur du Pôle Développement et Transformation des Territoires, assure qu’ils sont en contact avec les habitants « tous les jours ». Concernant le retour dans leur logement, « aucun risque » : « les services de sécurité et les pompiers n’ont pas déclaré de zone de danger », et il promet « un second nettoyage ce jeudi », bien qu’« une décontamination complète nécessite le rétablissement de l’ascenseur ».
Des actions sociales d’accompagnement, comme « le portage à domicile », pourraient être mises en place, « à condition d’être informés des difficultés des locataires », précise-t-il. Habitat et Métropole appellent les habitants à les « informer dès que possible de leur situation »
T.RIVIERE








