Et si les clients devenaient les gardiens de leur bar préféré ? Dans le quartier Saint-Jacques, un établissement a lancé un appel sur Facebook : il demande aux habitants de donner du temps samedi après-midi pour limiter les dégâts.
Co-gérante du bar, Carole Pelletier s’appuie sur les vidéos qui ont circulé après les violences : « les gens pillaient et volaient dans les boutiques vides ou alors quand il y avait une seule personne ». Elle mise donc sur la présence humaine : « On compte sur l’effet de présence pour être dissuasif. Le but c’est pas d’aller au contact ».
Contactée, la police nationale dit comprendre cet appel et encourage la sécurité passive des entrées des commerces. Elle ne cautionne pas, en revanche, les dispositifs avec des armes, qui ne relèvent pas de la légitime défense. Samedi, le couple restera enfermé dans son établissement, prêt à intervenir pour lui-même comme pour ses voisins, et pas sans moyens de défense.
Peinture rouge et poudre blanche
Des extincteurs à eau ont été vidés, puis remplis de peinture rouge. Laurent Pelletier, l’autre co-gérant, explique : « si par exemple ils arrivent à rentrer à travers notre rideau, donc ça voudrait vraiment dire qu’on est en danger, ils seront aspergés en rouge ». Un second extincteur, à poudre blanche, complète le dispositif : « au moins on les reconnaît, on les voit ».
Le 17 octobre dernier, une centaine de commerces ont été touchés par les événements en marge des manifestations, sans compter la baisse du chiffre d’affaires le reste de la semaine. Carole Pelletier résume sa crainte : « ce que j’ai peur moi c’est que mon établissement il brûle ».
Thibault Rivière - journaliste









