Vinyles empilés, bandes dessinées par centaines, vieux réveil : la boutique de Daniel Lascioli ressemble davantage à une caverne d'histoires qu'à un commerce classique. Depuis un peu plus d'un mois, l'ancien chineur s'active pour tout organiser. « Ça fait un gros mois que je suis là, mais je suis dans l'arrangement. Là, ça démarre véritablement maintenant », explique-t-il.
Le fonds de commerce s'est construit au fil des décennies, entre vide-greniers, particuliers et associations. « Quand même, la base, c'est le disque vinyle et la bande dessinée », précise le commerçant, qui vient tout juste d'acquérir un lot important pour l'ouverture.
Entre patrimoine local et objets insolites
Parmi les objets, certains racontent aussi l'histoire locale, comme ce tee-shirt retraçant les joueurs de l’ASSE de 1933 à 2014, sur lequel figure le nom de son oncle Camille Lascioli. Mais aussi des livres de la ville, comme un ouvrage de vielles photos de cartes postales nommé : Saint-Étienne d’Antan.
D'autres pièces ont été détournées avec malice, à l'image d'une pendule à l'ancienne dont les aiguilles cassées ont été remplacées par un disque de Georges Brassens. Un objet purement décoratif.
« Ambiance vide-grenier »
Le nom de la boutique, Anti-iPod, résume une philosophie assumée. « C'est un peu le refus d'une certaine modernité aujourd'hui », affirme Daniel Lascioli, pour qui le commerce reste avant tout affaire de lien humain. « Moi, ce que j'aimais avant, c'était les rapports sociaux. »
À 73 ans, l'ouverture de cette boutique sonne comme un nouveau départ physique autant que professionnel. C’est sa deuxième boutique, après un essai dans le quartier de Valbenoîte « C'est comme si je m'étais inscrit dans une salle de gym ou dans un club de sport. L'objectif, c'est de travailler moins péniblement », confie-t-il, lui qui arpentait auparavant marchés et vide-greniers.
Ici, pas d'étiquettes figées : les prix restent encore à définir, et le troc a toute sa place. « Hier, j'ai fait un échange de jeux avec des disques. Ça me plaît bien parce que personne ne sort d'argent », sourit le commerçant, fidèle à : « l'ambiance vide-grenier » qu'il cultive depuis l’enfance.
Thibault Rivière - Journaliste








