5h30 : c'est l'heure à laquelle les bûcherons des Monts du Forez ont dû commencer leur journée du 7 au 17 juillet. En cause, les arrêtés préfectoraux pris après les incendies qui ont ravagé la Loire fin juin / début juillet, interdisant le travail en extérieur, et surtout en forêt, l'après-midi. Une organisation bouleversée, comme l'explique Franck Montaillard, bûcheron dans les Monts du Forez : « D'habitude, nous on travaille jusqu'à 17h30, 18h du soir. On fait 9h par jour, tandis que là on arrivait difficilement à faire 8h. » Même les transporteurs ont été freinés par des pistes rendues trop sèches. Mais le bûcheron concède : « C'était une bonne chose parce que le risque était là. Mais on s'en souviendra, c'est sûr. »
Des bois de plus en plus secs
Au-delà de l'organisation, c'est la matière première elle-même qui inquiète. « On voit des bois qui sèchent, qui sont rouges », remarque Franck Montaillard. Un constat qui rend aussi son travail plus dangereux : « Abattre un arbre sec, c'est différent de quand on coupe un arbre vert », note-t-il, pointant également un enjeu financier pour les propriétaires.
Le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) s'occupe d'analyser la santé de la forêt. Le dépérissement est bien réel sur les coteaux et en plaine, mais Étienne Giroud, technicien, se montre moins inquiet pour les arbres en altitude. Les effets de la sécheresse se feront néanmoins sentir dans la durée : « Les coups de chaud de cette année vont se répercuter d'ici peut-être 2 ou 3 ans. »
Conseils aux propriétaires
Le CNPF conseille les propriétaires de parcelles de s'en occuper : couper progressivement les arbres vieillissants « sans trop ouvrir les peuplements, pour éviter la chaleur de rentrer », et envisager à terme des essences plus résistantes, « à la place des Douglas sur les coteaux ou en plaine par exemple ». Des recommandations d'autant plus cruciales que la quasi-totalité du parc forestier ligérien appartient à des propriétaires privés.
T.RIVIERE








