Et si l'été 2026 préfigurait déjà le climat de demain ? « On observe les tendances et c'est l'été moyen de 2050 qui s'est produit cette année », résume Hubert Dubien, président du syndicat de la Fourme de Montbrison. Si la production de lait n'a pas souffert cette année, grâce aux fourrages récoltés au printemps, la facture s'annonce salée pour l'automne et l'hiver. « Le coût, il va être pour les éleveurs sur la seconde partie, après l'automne, l'hiver, où on va être obligé d'acheter des fourrages, puisqu'on n'en a pas suffisamment », explique-t-il.
Une dérogation demandée à l’État
Faute de stocks suffisants sur la zone, les producteurs doivent désormais chercher du fourrage à l'extérieur, ce qui impose une dérogation exceptionnelle. « Pour notre AOP, on demande à l'État l'autorisation de pouvoir aller acheter des fourrages hors zone », précise le président du syndicat. Une solution par défaut, alors que ce fourrage local fait pourtant partie intégrante de l'identité du fromage : « C'est essentiel, ça fait partie vraiment de l'ADN du produit. »
Stocker pour deux ou trois hivers
Pour s'adapter à ces épisodes appelés à se répéter, la filière réfléchit déjà à des solutions. Objectif : identifier davantage de fourrages disponibles localement et renforcer les capacités de stockage, « pas pour un hiver, mais peut-être pour deux, voire pour trois ».
Une pression supplémentaire pour les producteurs, reconnaît Hubert Dubien, entre investissements et charges accrues. Mais le président du syndicat veut rester positif à l'approche du week-end : « J'espère que ce sera un bon week-end, qu'on rencontrera beaucoup de consommateurs, qu'on prendra le temps de leur expliquer tout ça. » Rendez-vous donc les 3 et 4 octobre à Montbrison pour les Journées de la Fourme et des Côtes du Forez, entre défilés, démonstrations et dégustations.
Thibault Rivière - journaliste










