Dans les ateliers de Menuisier et Compagnons, le bois côtoie les technologies numériques, les gestes ancestraux se mêlent aux méthodes modernes. L’entreprise dirigée par Bruno Pradier s’est spécialisée dans l’agencement haut de gamme et la restauration de monuments historiques, deux activités qui exigent précision, expertise et respect du patrimoine.
« Nous travaillons beaucoup sur le savoir-faire, la transmission du savoir-faire et l’écriture des savoir-faire », explique le dirigeant. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), la société intervient sur des chantiers d’exception où chaque détail compte. « Quand on restaure un monument historique, il faut comprendre comment les choses ont été réalisées à l’origine pour ne pas dénaturer l’existant. »
Pour Bruno Pradier, l’enjeu est désormais de préserver ces compétences parfois rares. « Certains savoir-faire ont tendance à disparaître. Une fois qu’ils ont disparu, on ne revient plus en arrière. » L’entreprise s’appuie ainsi sur le numérique pour documenter et conserver ces techniques, tout en maintenant une transmission directe entre professionnels expérimentés et apprentis.
Une passion qui se transmet
Parmi les jeunes en formation présents lors de la visite, Tom Pouillon illustre parfaitement cette relève recherchée par la profession. Actuellement en brevet professionnel après un CAP, il raconte avoir découvert sa vocation très tôt.
« Quand j’étais petit, je bricolais avec mon père. Pendant le Covid, j’ai commencé à fabriquer des nichoirs et j’ai vraiment aimé travailler le bois. C’est une matière chaleureuse », confie-t-il.
Au sein de l’entreprise, l’apprenti participe aussi bien à des travaux de restauration sur des éléments historiques qu’à des projets d’agencement pour des magasins de luxe ou des menuiseries traditionnelles. « C’est une fierté de pouvoir accomplir des missions comme ça », souligne-t-il.
Même passion chez Virgile Gauche, agenceur. « C’est vraiment le travail de la matière qui m’a tout de suite plu », explique-t-il. Un métier qu’il recommande volontiers aux jeunes attirés par le travail manuel et la création. « C’est un métier de passion », résume-t-il.
Attirer les jeunes vers les métiers du bâtiment
Cette visite s’inscrivait dans le cadre de la Semaine de l’Artisanat portée par la Fédération Française du Bâtiment. L’objectif : mettre en lumière les entreprises artisanales et susciter des vocations.
« On essaye de rencontrer ces entreprises, de les mettre en avant et surtout de développer l’apprentissage pour motiver les jeunes à venir dans les métiers du bâtiment », explique Jérôme Kerouanton, président du Conseil de l’Artisanat de la Fédération Française du Bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes.
Pour la profession, le défi est important. Les entreprises peinent encore à recruter alors que les métiers ont profondément évolué. « Il faut montrer que le bâtiment, ce n’est pas seulement un travail pénible. Ce que nous voulons mettre en avant, c’est l’amour du travail bien fait », affirme-t-il.
Selon lui, ces carrières offrent aujourd’hui de véritables perspectives d’évolution. « On peut commencer avec un CAP et progresser vers des postes à responsabilités. Il y a aussi des salaires intéressants et un environnement de travail très humain, notamment dans les petites entreprises artisanales. »
À Saint-Germain-Lespinasse, la visite aura en tout cas permis de rappeler que derrière chaque ouvrage restauré ou chaque réalisation sur mesure se cachent des femmes et des hommes passionnés. Un patrimoine vivant que les professionnels espèrent transmettre aux générations futures.
AC









