Sur le marché de Boën-sur-Lignon, les habitudes changent doucement. Téléphone en main, Nadine valide son panier de légumes en quelques clics.
« Avant, j’achetais surtout en grande surface, beaucoup de plats préparés. Aujourd’hui, je viens au marché et je mange des produits frais et locaux », explique-t-elle.
Comme elle, une centaine d’habitants participent à une expérimentation encore peu connue : la Sécurité sociale de l’alimentation, portée localement par l’association SSA PATIAS.
Mieux manger sans se ruiner
Le principe s’inspire directement de la Sécurité sociale : chacun cotise selon ses moyens, entre 10 et 120 euros par mois, et reçoit en retour une allocation de 100 euros pour acheter des produits alimentaires chaque mois.
« L’objectif, c’est que tout le monde puisse accéder à une alimentation saine, sans stigmatisation », explique Sylvie Marchand, membre de l’association. « C’est un droit, au même titre que la santé. »
Un système solidaire, où les cotisations les plus élevées permettent de soutenir les ménages aux revenus plus modestes.
Un coup de pouce pour les producteurs locaux
Sur les étals, les commerçants constatent déjà les effets.
« Ça donne de la visibilité à la ferme et c’est une vraie reconnaissance de notre travail », souligne Marie Rue, maraîchère.
Même constat pour les artisans : « On voit revenir des clients plus souvent, et d’autres qui n’osaient pas acheter avant », observe une boulangère présente sur le marché.
Au total, 17 producteurs et points de vente sont aujourd’hui conventionnés dans le dispositif.
Un projet citoyen construit localement
À l’origine, le projet est accompagné par Loire Forez agglomération dans le cadre du programme alimentaire territorial. Pendant plus d’un an, des habitants volontaires ont co-construit le fonctionnement : choix des produits, des points de vente et du système de cotisation.
« L’idée, c’est que ça devienne un modèle plus large, pourquoi pas à l’échelle nationale », espère Bruno, membre du collectif. « Se nourrir correctement devrait être un droit pour tous. »
Pour commencer, le bassin de vie de Boën-sur-Lignon a été choisi. Il comprend les 21 communes suivantes : "Ailleux, Arthun, Boën-sur-Lignon, Bussy-Albieux, Cezay, Chalmazel-Jeansagnière, Leigneux, Marcilly-le-Châtel, Marcoux, Montverdun, Palogneux, Sail-sous-Couzan, Saint-Étienne-le-Molard, Saint-Georges-en-Couzan, Saint-Just-en-Bas, Saint-Sixte, Sainte-Agathe-la-Bouteresse, Sainte-Foy-Saint-Sulpice, Sauvain et Trelins, Solore-en-Forez (Débats-Rivière-d’Orpra, L’Hôpital-sous-Rochefort, Saint-Laurent-Rochefort."
"Des ateliers cuisines, des échanges, des évènements. C’est un véritable laboratoire de l’alimentation locale qui voit le jour pour créer une dynamique et se réapproprier son alimentation." - précise Loire Forez Agglomération sur son site internet.
AC








