Un concours culinaire pour valoriser les cuisines d’Ehpad
Dans les cuisines du lycée professionnel hôtelier de Saint-Chamond, l’ambiance rappelle celle d’un concours gastronomique. Trois chefs finalistes venus d’établissements de la vallée du Gier se sont affrontés pour la dernière étape du Top Chef des Ehpad.
Pendant plusieurs mois, cinq établissements ont participé à différentes épreuves culinaires, avant que les résidents eux-mêmes ne désignent les finalistes. L’objectif : mettre en valeur le travail des cuisiniers en maison de retraite.
« C’est une branche de notre métier dont on ne parle pas assez », souligne Sylvain Roux, chef étoilé et président du jury. « Ces cuisiniers travaillent dans l’ombre pour nos aînés. Ce concours permet de montrer leurs techniques et leur savoir-faire. »
Des plats adaptés aux besoins des résidents
Pour cette finale, les candidats devaient relever un défi technique : proposer un plat et un dessert adaptés à plusieurs textures alimentaires.
Au menu : une pintade accompagnée de légumes et un dessert autour de la pomme. Mais chaque recette devait être réalisée en trois versions : texture classique, manger-main et texture mixée.
« Le manger-main permet de sécuriser la déglutition, et le mixé est destiné aux personnes qui ont plus de difficultés à avaler », explique Grégoire Maille, chef formateur cuisinier et également membre du jury. « Le but est de combiner les contraintes d’un concours de cuisine avec celles du quotidien en Ehpad. » Un exercice que les chefs connaissent bien,
« Dans notre établissement, on travaille déjà avec plusieurs textures différentes », explique Sofia Capuano, cheffe à l’Ehpad de la Renaudière. « C’est quelque chose que l’on fait régulièrement. »
Les résidents au cœur du concours
Particularité de cette compétition : les résidents jouent aussi un rôle de juré.
« Ça me fait plaisir, ça montre qu’on a besoin de nous pour noter », confie Jacques, résident aux Rives d’Or. « Et ça motive les chefs à faire encore mieux pour les résidents. »
Au-delà de la dégustation, la journée est aussi un moment de convivialité.
« On fait connaissance avec des gens qu’on ne connaît pas et on goûte des choses différentes », raconte Gérard, autre membre du jury.
Mettre en lumière un métier souvent invisible
Pour les chefs participants, ce concours est aussi l’occasion de valoriser leur travail, souvent méconnu.
« S’occuper de nos résidents et leur apporter du plaisir à table, c’est primordial », souligne Stéphane Martin-Guerrero, chef aux Rives d’Or. « Le repas rythme leur journée. »
Un avis partagé par les chefs accompagnateurs et jurés, qui rappellent l’importance de ces professionnels dans la vie quotidienne des établissements.
« Les cuisiniers en Ehpad sont souvent invisibles alors qu’ils sont essentiels », rappelle Grégoire Maille. « Ils travaillent tous les jours pour garantir des repas équilibrés et lutter contre la dénutrition. »
Au-delà de la compétition, la finale du Top Chef des Ehpad a surtout permis de rappeler une chose : en maison de retraite aussi, le plaisir de bien manger reste essentiel.
AC








