Tout a commencé en 2017, avec 240 repas livrés le premier mois. 8 ans plus tard, Gout’chou en prépare 2 000 par jour, pour 155 structures clientes. Aux manettes, Amandine Prat, passée par un master à l’Institut Paul Bocuse, qui a choisi de réinventer les repas pour les 0–3 ans. "À l’époque, il n’existait aucune offre adaptée. On servait des repas adultes mixés, sans tenir compte des besoins nutritionnels spécifiques
des tout-petits." Après une tentative avortée sur le marché du baby food pour les particuliers (trop de barrières réglementaires), elle réoriente son projet vers les crèches. Dès le départ, le bouche-à-oreille fait son oeuvre. La croissance est fulgurante. Trop, même : "On a perdu 100 000 euros les deux premières années. On faisait tout à la va-vite, sans structuration." Le vrai virage se prend en 2020, avec une levée de fonds (signée… 4 jours avant la fermeture des crèches pour cause de Covid). Commence alors un travail de fond sur l’offre, les prix, la marge. Aujourd’hui, Gout’chou emploie 20 personnes (12 en cuisine, 7 livreurs, 1 chargée QSE) et occupe un local à Saint-Just-la-Pendue, stratégique par sa position au carrefour de Lyon, Roanne et Saint-Étienne. L'entreprise fonctionne sans budget pub, mais avec une arme redoutable : la satisfaction client. "Dans notre secteur, ce sont les directrices de crèches qui parlent entre elles. Le bouche-à-oreille, c’est 100 % de notre développement. Je ne veux pas déployer des moyens sur du faux marketing vert. Ce qui m’importe, c’est que notre offre soit juste, qualitative, accessible à toutes les crèches, de la Duchère au 6e arrondissement", explique Amandine Prat quand on pose la question d’une démarche RSE.
Du bon, du simple et du sincère
Ici, tout est fait maison, des purées aux gâteaux, avec une attention portée au goût, à la texture, à la diversité. Les menus sont élaborés collectivement et testés par l’équipe elle-même. Si les repas sont 100 % bio, ce n’est pas ce que met en avant la fondatrice. "Être bio, c’est bien. Mais ce que les enfants retiennent, c’est si c’est bon. Et ce que les crèches
attendent, c’est une qualité constante, des repas qui donnent envie, des assiettes
colorées qui sentent bon." 2025 marque une étape : les investisseurs sortent, l’entreprise est à l’équilibre. Vient le temps de préparer la suite. Nouvelle offre ? Déménagement ? Amandine Prat garde les idées ouvertes, mais une priorité reste : préserver la cohérence du projet.
Source : Maestria n°37








