Contraintes internes, microfissures, altérations de la microstructure : ces phénomènes ne sont pas mesurables en atelier. Pourtant, ils peuvent provoquer des ruptures prématurées ou des phénomènes de corrosion. Dans des secteurs comme l’aéronautique ou le nucléaire, l’enjeu est majeur. Professeur des universités à Centrale Lyon ENISE, Joël Rech travaille depuis plus de vingt ans sur l’intégrité des surfaces usinées. Le déclic intervient en 2005, lorsqu’un industriel du nucléaire sollicite son équipe pour évaluer la possibilité de prolonger la durée de vie de centrales conçues dans les années 1980. Une preuve de concept est développée.
Accélérer, lever des fonds, élargir le marché
Misutech prépare actuellement une levée de fonds afin d’accélérer deux axes : le développement technique et la structuration commerciale. Une version simplifiée du logiciel, destinée aux PME et sous-traitants industriels, est envisagée à l’horizon 2027. Horlogerie, automobile, nouvelles mobilités, hydrogène : au-delà de ses marchés prioritaires, la pépite stéphanoise attire déjà d’autres filières sensibles aux enjeux de fiabilité et de sécurité. Reconnu comme deeptech par Bpifrance et lauréat du concours national i-Lab 2025 (40 lauréats parmi près de 500 candidats), MISUTECH incarne une innovation de rupture née dans les laboratoires ligériens… et résolument tournée vers l’international. Le sujet intéresse rapidement l’aéronautique, confrontée aux mêmes problématiques de fatigue des matériaux. Thèses financées, travaux collaboratifs, chaire industrielle de l’ANR (Agence nationale de la recherche) : le programme "MISU" accélère la recherche et positionne l’équipe stéphanoise comme référence internationale. MISUTECH illustre parfaitement la réussite d’une spin-off universitaire. En 2023, la société MISUTECH est créée pour industrialiser la technologie.
Un logiciel scientifique au service des donneurs d’ordre
Aujourd’hui, l’entreprise compte 9 collaborateurs, aux profils majoritairement ingénieurs-docteurs. Misulab est commercialisé sous forme de licence annuelle cloud, hébergée sur un cloud souverain français. A noter qu’une simulation complète d’opération d’usinage nécessite environ 8 heures de calcul via le logiciel, mais remplace des mois de test. Le logiciel s’adresse principalement aux donneurs d’ordre des secteurs réglementés. Une dizaine d’utilisateurs et partenaires historiques l'ont déjà intégré dans leurs processus d’ingénierie, parmi eux les acteurs incontournables de l’aéronautique et du nucléaire.
Source Maestria n°38








